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Un antidote à une superbactérie

Le bourgeon du peuplier baumier pourrait permettre de créer un antibiotique à une infection

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 GATINEAU | Une équipe de chercheurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean a découvert que le simple bourgeon d’un arbre répandu au Québec pourrait receler l’antidote à une superbactérie résistant aux antibiotiques. 

 La résistance aux antibiotiques fait craindre le pire. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) l’a qualifiée de « menace mondiale majeure » et les médecins spécialistes du Québec ont fait une sortie pour demander au gouvernement d’agir à la suite d’un dossier du Journal

 Mais si les travaux du chercheur Jérôme Alsarraf et de ses collègues portent leurs fruits, l’une de ces superbactéries, le Staphylococcus aureus (SARM) résistant à la méthicilline pourrait avoir la vie dure. 

 Il présentera d’ailleurs le résultat de plusieurs années de recherches au 87e congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), qui se tient à Gatineau cette semaine. 

Peuplier baumier
Photo courtoisie
Peuplier baumier

 Infections à l’hôpital 

 « C’est l’une des principales causes des infections nosocomiales [contractées dans les hôpitaux] », dit-il à propos du SARM. 

 L’installation de cathéters et les chirurgies favorisent notamment l’entrée de la bactérie dans la plaie, où elle peut causer une infection ou encore une pneumonie ou une méningite. 

 La superbactérie est aussi bien présente dans plusieurs vestiaires sportifs. 

 « C’est très encourageant d’être capable d’identifier de nouvelles classes de molécules actives », lance le chercheur et futur professeur de chimie au département des sciences fondamentales de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). ​ 

Photo courtoisie

 Son laboratoire étudie les propriétés biologiques des plantes issues de la forêt boréale. 

 Cet allié insoupçonné n’est nul autre que le peuplier baumier, qui pousse partout au Québec. 

 Il a ainsi découvert que des molécules extraites du bourgeon de cet arbre, nommées balsacones, se sont révélées actives contre le SARM. 

 « Comment fait-on ? On traite la bactérie avec la molécule et on voit si elle la tue », explique-t-il simplement, ajoutant que les détails sont encore confidentiels pour protéger ses travaux. 

 Malgré cette découverte porteuse d’espoir, une embûche s’est dressée sur le chemin des chercheurs: les balsacones sont peu abondantes dans les bourgeons et le nombre à extraire était trop nombreux pour être viable. 

 Comme des Lego 

 Jérôme Alsarraf résume cependant que son équipe et lui ont été capables de prendre d’autres molécules provenant du bourgeon, mais disponibles en plus grand nombre, et de les convertir en balsacones, grâce à la chimie de synthèse. 

 « C’est comme un jeu de LEGO, dit-il. Notre rôle est d’assembler des briques et de faire des molécules plus complexes. » 

 Même s’il reste encore une longue route avant de mettre sur pied un antibiotique pouvant être commercialisé, Jérôme Alsarraf soutient que son laboratoire de l’UQAC est en mesure de partir « de la plante, jusqu’à l’évaluation préclinique et des tests ». 

 Des vaccins contre la grippe plus efficaces 

 Les vaccins pour la grippe sont produits beaucoup trop d’avance, faisant en sorte que leur efficacité peut varier d’une année à l’autre. C’est pourquoi un chercheur scientifique œuvre à améliorer leur efficacité. 

 Simon Sauvé, qui travaille chez Santé Canada, rappelle que l’évaluation et l’approbation des vaccins pour la mise en marché nécessitent de longs délais. 

 L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) confirme d’abord les souches d’antigènes, substances qui provoquent la production d’anticorps protégeant contre la maladie, pour former les vaccins des mois à l’avance. 

 Les compagnies pharmaceutiques utilisent ensuite ces souches dans des œufs pour créer les vaccins, pendant que des centres affiliés à l’OMS commencent à produire les anticorps de référence pour vérifier si les vaccins fonctionnent. 

 « Ça fonctionne comme un test de grossesse. Le test cherche dans l’urine des signaux de grossesse, comme un anticorps. La grippe, c’est un peu la même chose. Ils développent des anticorps qui reconnaissent la souche [du virus] », explique M. Sauvé. 

 Virus en mutation 

 Les virus de l’influenza peuvent muter pendant les mois de production du vaccin. 

 C’est pourquoi certaines années, le vaccin est moins efficace que d’autres. 

 « Aujourd’hui, on peut faire mieux », croit le chercheur, qui s’affaire à mettre au point des approches plus modernes pour répondre aux limites du système actuel. 

 Plus rapide 

 Le but ultime, explique-t-il, est d’offrir un accès plus rapide à des vaccins antigrippaux plus efficaces. 

 À l’aide de méthodes d’analyse très sophistiquées, il vise à séparer, identifier et quantifier les antigènes utiles à la préparation du vaccin. 

 S’il réussit, il sera plus facile de juger de l’efficacité d’un vaccin, parce qu’actuellement, la production d’anticorps utilisés pour concocter un vaccin est à recommencer chaque saison. 

 Des jeunes roulent « feeling » 

La chercheuse Maxime Boivin a déploré que les jeunes sont surreprésentés dans les infractions de la route reliées à l’alcool au volant lors de sa présentation à l’ACFAS.
Photo Hugo Duchaine
La chercheuse Maxime Boivin a déploré que les jeunes sont surreprésentés dans les infractions de la route reliées à l’alcool au volant lors de sa présentation à l’ACFAS.

 Les jeunes conducteurs peinent à déterminer s’ils sont en état de conduire ou non après avoir consommé de l’alcool, selon une chercheuse qui a levé le voile sur une zone grise de ce phénomène, hier, au congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS). 

 Maxime Boivin, de l’Institut national de santé publique du Québec, appelle « conduite enivrée » la pratique de prendre le volant après avoir pris quelques consommations, ignorant si l’on dépasse ou non la limite permise. 

 Les jeunes sont systématiquement surreprésentés dans toutes les infractions reliées à l’alcool au volant et elle a voulu savoir pourquoi. 

 Après tolérance zéro 

 Celle-ci a donc interrogé 57 jeunes de 18 à 24 ans sur leurs habitudes de conduite pour arriver à la conclusion qu’il « manque des outils pour accompagner les jeunes, une fois qu’ils ne sont plus obligés d’être [soumis à la] tolérance zéro ». 

 Seulement une personne sur 57 n’avait jamais rien consommé avant de prendre le volant. 

 La chercheuse estime que même si plusieurs d’entre eux cherchaient à adopter un comportement responsable, ils n’y arrivaient pas. 

 Notamment, parce qu’ils ont tendance à sous-estimer les risques de la conduite enivrée. Parmi ses discussions avec les jeunes qui ont participé à son étude, elle a entendu plus d’une fois l’anecdote d’un conducteur ayant pris le volant, puis l’ayant regretté une fois sur la route. 

 Freiner la conduite enivrée 

 Mme Boivin relate aussi que les participants pouvaient avoir de la difficulté à modérer leur consommation ou à évaluer leur capacité à conduire. 

 Enfin, un autre facteur de la conduite enivrée, selon les participants, est l’absence de solutions pour leur éviter de conduire. 

 Certains pouvaient voir comme un plus gros problème l’idée de laisser leur véhicule quelque part, devoir payer un taxi et aller chercher leur voiture le lendemain. 

 La chercheuse estime qu’il faudrait parler davantage de l’alcool au volant pour éviter d’ouvrir des brèches qui rendent les jeunes vulnérables.