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Un pêcheur transforme sa passion en petite entreprise

Luc Gagnon a vendu 7000 têtes de plomb fabriquées à la main depuis janvier 2019

Luc Gagnon
Photo Amélie st-Yves Luc Gagnon travaille dans son atelier situé dans son garage, à Trois-Rivières.

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TROIS-RIVIÈRES | Un pêcheur tanné de perdre ses leurres dans le fond de la rivière Saint-Maurice a commencé à fabriquer des têtes de plomb à la main, dans son garage, et en a vendu des milliers aux pêcheurs dès la première année.

Luc Gagnon pouvait facilement perdre une cinquantaine de leurres par fin de semaine de pêche dans les branches ou les roches de la rivière Saint-Maurice, qui passe derrière chez lui. Il a donc commencé à fabriquer des têtes de plomb pour son usage personnel. Il s’est acheté un moule de « têtes de jig » rondes, en mai 2018, y a versé du métal en fusion et s’est découvert une passion.

Ces petites têtes sont fusionnées à des hameçons, et on peut y insérer des leurres souples pour compléter l’illusion d’une queue. Ce type de leurre permet de pêcher des carnassiers, comme l’achigan et le brochet.

Luc Gagnon s’est lancé en affaire deux mois après avoir coulé son premier plomb.

Il estime avoir vendu 7000 têtes depuis janvier 2019 seulement.

Il a par ailleurs conclu un partenariat avec Martin Dicaire de MD Leurres, à Drummondville, qui fabrique des queues souples. Les deux hommes vendent les produits de l’autre depuis quelques mois, ce qui permet d’avoir une offre plus complète.

Meilleurs prix

Une tête de plomb que Luc Gagnon vend à 60 sous se détaillera environ 1 $ dans les grands magasins.

Il l’explique par les coûts d’emballage et de marketing.

« Souvent, si tu les achètes chez Canadian Tire, c’est dans des petites boîtes en plastique. La boîte est déjà 25 cents », explique-t-il.

Par ailleurs, son produit est québécois et fait à la main, ce qui permet un meilleur contrôle de la qualité, selon lui. Il peint d’ailleurs à la main chaque tête de plomb, qu’il fait cuire 15 minutes dans un petit four de cuisine pour solidifier la peinture, et pose les yeux à la main avec dextérité.

Il peut passer 30 heures par semaine dans son atelier et en envoie dans toutes les régions du Québec.

« Je fais le ménage, le lavage et tout ça, et après je viens ici », dit le père qui s’occupe de ses trois filles à la maison.

Les têtes de plomb de Luc Gagnon se vendent entre 0,60 $ et 1,65 $. Sa marge de profit varie de 25 cents à 1,40 $ par tête.

« Je peux en faire jusqu’à 300 en une heure. Sur le volume, c’est rentable », dit-il, en précisant quand même que ça ne payerait pas une hypothèque.