/misc
Navigation

Vert... mais pas trop

François Legault
Photo Agence QMI, Mario Beauregard François Legault

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL | François Legault veut bien que les Québécois croient en une conversion verte de la CAQ, mais il veut surtout rassurer sa base militante.

Sur une échelle de 50 nuances de vert, disons que ce sera plus proche de vert lime, que vert forêt.

Ainsi, même si le conseil général de la CAQ sur le thème de l’économie verte se voulait une démonstration pour convaincre les sceptiques, quels ont été les premiers mots prononcés par François Legault dans son discours de clôture ?

Non, ce n’était pas « Vive le Québec vert ». Il a dit : « Je veux mettre une chose au clair [...] on n’est pas le gouvernement des groupes de pression. » Les caquistes ont fait un bon coup sur le plan de l’image en permettant à Dominic Champagne de participer à leur rassemblement. Mais visiblement, ils veulent le garder à une certaine distance. À distance de perche, disons...

Il ne faudrait pas que la base caquiste perçoive que le chef se colle aux souverains pontifes de l’environnement.

Troisième lien

Au terme de l’événement, l’instigateur du Pacte pour la transition a salué les engagements de M. Legault, mais a encore pourfendu le troisième lien, un projet « mortifère ». À l’inverse, dans les corridors, des élus caquistes de l’est du Québec exprimaient leur exaspération à l’égard de tous ceux qui opposent le projet routier Québec-Lévis aux ambitions vertes du gouvernement.

Chez leurs collègues de circonscriptions plus près de la métropole, il n’y a pas « d’enthousiasme débordant » pour le projet controversé. Mais ils ne croient pas que la CAQ gagnerait quoi que ce soit en se délestant de cette promesse.

« C’est clair pour tout le monde, c’est un engagement, on se sentirait cheap de dire qu’il ne faut plus le faire », a résumé l’un d’eux. « Non, ce n’est pas un poids pour nous, on aura encore besoin de routes, il ne faut juste pas le voir en opposition au transport en commun », a dit un autre. Quant à François Legault, dans son discours, qui mise sur une approche « pragmatique », on le sent convaincu lorsqu’il martèle l’importance d’exporter davantage d’hydroélectricité, parce que cela représente aussi une occasion de gonfler les revenus de l’État.

Ce ne serait pas une mauvaise chose, si l’on veut que nos hôpitaux n’aient plus l’air de vestiges deguerre civile.