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15 agronomes responsables de 50 % des prescriptions d'atrazine

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QUÉBEC – Une poignée d’agronomes a prescrit plus de la moitié d’un herbicide agricole, l’atrazine, et tous étaient liés à l’industrie des pesticides, a révélé mardi le ministère de l’Environnement.

Lors de la commission parlementaire sur l’impact des pesticides sur la santé, qui s’ouvrait mardi à l’Assemblée nationale, le sous-ministre de l’Environnement, Marc Croteau, a indiqué que 15 des 127 agronomes qui ont délivré une prescription agronomique pour de l’atrazine en 2018 ont été responsables de 50 % des prescriptions.

«Ce constat est d’autant plus préoccupant que l’Ordre des agronomes nous mentionne qu’il s’agit d’agronomes principalement employés par des fabricants ou des distributeurs de pesticides», a indiqué M. Croteau, précisant que l’atrazine est le pesticide qui comporte le plus de risques pour l'environnement.

Au Québec, les agriculteurs doivent, depuis le printemps 2018, recevoir une prescription d'un agronome pour pouvoir utiliser cet herbicide.

Le sous-ministre Croteau a d’ailleurs souligné, mardi, que l’application de cette substance ne devrait être recommandée «que lorsque c’est absolument nécessaire», ce qui n’est pas le cas présentement. À cet égard, le ministère de l’Environnement a déploré que certains agronomes «ne proposaient pas de solutions de rechange» à l’utilisation de cette molécule.

«Des actions sont déjà prises entre le ministère et l’Ordre pour agir de manière spécifique auprès de ces professionnels. [L’Ordre] entend mener une vérification spécifique quant à ses pratiques agronomiques pour s’assurer de la qualité des actes posés», a ajouté M. Croteau.

Le ministère de l’Environnement assure avoir mis en place un «suivi rigoureux» de la situation de concert avec l’Ordre des agronomes, qui collabore à l’amélioration des pratiques.

L'atrazine est notamment utilisé dans les champs de maïs pour se débarrasser des plantes indésirables, en guise d'alternative au glyphosate, l'agent actif du Roundup. Or, la substance a tendance à se retrouver aisément dans les cours d'eau et elle est considérée comme un perturbateur endocrinien chez l'humain. L'atrazine est interdit en Europe.