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Aucun des principaux partenaires commerciaux des États-Unis n’a manipulé sa devise

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Aucun des grands partenaires commerciaux des États-Unis --notamment la Chine-- n’a manipulé sa devise pour en tirer un avantage indu, a affirmé mardi le Trésor américain dans son rapport semi-annuel sur le sujet.

«Bien que les pratiques de neuf pays demandent toujours à être surveillées de près», aucun des principaux partenaires des États-Unis n’a franchi la ligne rouge, a estimé le Trésor.

Les neufs pays sous surveillance particulière sont la Chine --que les États-Unis exhortent à ne pas laisser trop s’affaiblir le yuan--, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Corée du sud, la Malaisie, Singapour et le Vietnam.

L’Inde et la Suisse ont été retirés de la liste des pays mis sous surveillance.

«Le Trésor travaille d’arrache-pied pour avoir une croissance plus forte et pour s’assurer que les échanges commerciaux augmentent de manière à profiter aux travailleurs et aux entreprises américaines et les protège de pratiques commerciales injustes» de la part des partenaires étrangers, a souligné le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

La Chine à l’oeil

En pleine guerre commerciale avec la Chine déclenchée par Donald Trump, qui dénonce sans cesse les pratiques commerciales déloyales de Pékin, le Trésor n’a donc, encore une fois, pas franchi le pas. 

Il exhorte toutefois Pékin à «continuer de prendre les mesures nécessaires pour éviter une monnaie qui soit durablement affaiblie».

M. Mnuchin note que le yuan ou renminbi a perdu 8% de sa valeur en un an «dans le contexte d’un excédent commercial bilatéral extrêmement important et qui continue de grossir».

«La Chine doit s’attaquer résolument aux forces qui distordent le marché, y compris les subventions et les entreprises détenues par l’État, améliorer sa protection sociale pour encourager une consommation portée par la consommation des ménages et rééquilibrer l’économie en diminuant l’investissement», souligne le Trésor.

Les États-Unis estiment toutefois que les interventions de la Banque centrale de Chine sur les changes ont été limitées.

Les négociations en cours pour mettre fin à la guerre commerciale avec la Chine sont au point mort malgré des pourparlers jugés fructueux pendant les premiers mois de l’année.

Donald Trump a estimé que les Chinois revenaient sur les promesses déjà faites et a fait passer les tarifs douaniers punitifs sur 200 milliards de dollars d’importations de produits chinois de 10 à 25% à la mi-mai.

Le conflit s’est encore envenimé après la récente décision de l’administration américaine de placer le géant chinois des télécoms Huawei sur liste noire au nom de la sécurité nationale.

Le président américain n’a pas apporté beaucoup plus de clarté lundi quand il a à la fois estimé depuis le Japon, où il était en visite officielle, que les États-Unis n’étaient «pas prêts» pour conclure un accord avec la Chine mais qu’il y avait aussi «de très bonnes chances» de signer prochainement un texte.

Trop d’excédent

Le Japon, l’Allemagne, l’Italie  et l’Irlande sont épinglés en raison des excédents des comptes courants et des excédents commerciaux. 

Le Vietnam est enjoint à progressivement réduire ses interventions sur le marché des changes pour «autoriser une appréciation graduelle du taux de change réel (du dong) qui permettra de réduire les surplus extérieurs», précise le document. 

La Corée du sud est elle saluée pour ses efforts et le Trésor explique que si Séoul continue à être un bon élève il sera retiré de la liste des pays surveillés dans le prochain rapport dans 6 mois.

Le Trésor a également annoncé qu’il allait évaluer tous les partenaires dont les échanges commerciaux avec les États-Unis dépassent 40 milliards de dollars. En 2018, 21 pays répondaient à ce critère et le montant total des échanges avec eux s’élevaient à 3 500 milliards de dollars.