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Réseau 5G: Jusqu’à 60 000 antennes seraient nécessaires à Montréal

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MONTRÉAL – Entre 40 000 et 60 000 antennes seraient nécessaires pour le déploiement de la technologie mobile 5G sur le territoire, ce qui va modifier considérablement le paysage urbain, estime la Ville de Montréal. 

À titre de comparaison, «le réseau cellulaire de 4G compte présentement environ 1200 antennes», indique la Ville dans un mémoire rédigé dans le cadre de la consultation du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) sur les services sans fil mobiles. 

Le réseau de communication sans fil de cinquième génération, ou 5G, sera plus rapide que le 4G et réduira le délai de réponse. Il favorisera aussi le développement de l’internet des objets, entre autres. 

  • Écoutez Paul Héroux, physicien Professeur de toxicologie et des effets de l'électromagnétisme sur la santé à la faculté de médecine de l'Université McGill et directeur du Programme de santé au travail au sein du Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail en entrevue à Dutrizac de 6 à 9:

Le cabinet de conseil Deloitte situait l’avènement du 5G au Canada vers 2020 ou 2021, à l’occasion de la publication de ses Prédictions de 2019 sur les technologies, médias et télécommunications. 

Selon la Ville, le réseau 5G ne sera que pleinement opérationnel qu’après plusieurs années. Néanmoins, elle s’attend à ce que le déploiement de cette technologie apporte d’importants changements au paysage urbain. 

«Malheureusement, le déploiement des services de télécommunication s’effectue en parallèle au plan d'urbanisme», déplore le mémoire publié le 15 mai dernier. On y précise que «la technologie 5G requiert une densification significative des infrastructures physiques supportant son déploiement», comme plus d’antennes. 

Pour les municipalités, le 5G sera utile pour les services et infrastructures essentielles, comme la sécurité publique. À cet effet, la technologie «devra être déployée avec une couverture quasi complète». 

Quant aux «investissements colossaux» nécessaires pour le déploiement du 5G, ils seront surtout faits par les entreprises de services sans fil, mentionnent les fonctionnaires montréalais. 

Santé publique 

En 2017, 170 scientifiques de 37 pays ont demandé un moratoire sur le 5G. Plus tôt cette année, la ville de Bruxelles a décidé d’interrompre le 5G, évoquant des craintes pour la santé. 

«La multiplication des antennes et l'utilisation de nouvelles radiofréquences, posent-elles des risques pour la santé des citoyens?», interroge Montréal, même si Santé Canada considère qu’il n’y a pas d’inquiétudes à avoir. 

«Il n’y a rien qui nous laisse penser qu’il y a un effet néfaste sur la santé qui est démontré quand les limites d’exposition qui existent au Canada sont respectées», a avancé Mathieu Gauthier, conseiller scientifique à l’Institut national de santé publique du Québec et coauteur d’un rapport sur l’effet des champs électromagnétiques dans le domaine des radiofréquences. Une incertitude demeure sur l’effet de l’exposition à long terme liée à l’utilisation du cellulaire, selon ce rapport. 

«Pour augmenter le débit de données vers les utilisateurs, ils doivent mettre beaucoup plus d’antennes» et cela engendrera «une exposition obligatoire aux ondes électromagnétiques, a déploré Paul Héroux, professeur à la faculté de médecine de l’Université McGill. Plusieurs études animales montrent clairement qu’il y a un effet puissant de cette radiation sur les taux de cancer.»