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Schefferville: Legault «préoccupé» par les eaux rouges

Tata Steel doit respecter l’environnement, dit le PM

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Les déversements répétés d’eaux rouges de la minière Tata Steel à proximité de Schefferville inquiètent François Legault, qui demande aux spécialistes de lui faire rapport. 

«J’ai vu les images autour de Tata, c’est préoccupant de voir la couleur de l’eau. Le ministère de l’Environnement est sur le dossier et le Directeur des poursuites criminelles et pénales a le dossier entre ses mains. On va s’assurer que l’environnement soit respecté», a lancé le premier ministre mercredi. 

«C’est préoccupant de voir la couleur de l’eau, je veux que des spécialistes me fassent rapport», a-t-il ajouté. 

Le Journal a révélé des photos de cours d’eau rouges dans le nord du Québec. La minière Tata Steel admet qu’il y a eu déversements d’eau contaminée au fer, tant au Québec, vers Schefferville, que du côté du Labrador, mais prétend que cela ne pose de risque ni pour la santé ni pour l’environnement. 

Le ministère de l’Environnement du Québec a fait enquête et a remis le dossier au DPCP. 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Armand MacKenzie, Vice-Président, Affaires Gouvernementales et Relations publiques de TATA Steel Minerals Canada, à QUB Radio:

Une étude scientifique 

De son côté, le spécialiste de la pollution aquatique par les métaux Patrice Couture, de l’Institut national de la recherche scientifique, ira étudier les environs des installations de Tata Steel cet été. 

M. Couture a choisi le site de Tata en raison, entre autres, des inquiétudes des communautés autochtones locales. Son objectif sera de «caractériser l’empreinte de contamination de cette mine à 25, 50, 100, voire 200 kilomètres». 

«On veut voir si on peut détecter de la contamination dans l’eau, dans les poissons, dans les invertébrés, les sédiments», a-t-il dit. D’autres sites à Fermont et dans la baie d’Ungava seront également étudiés. 

En 2018 seulement, les Innus de la communauté voisine de Schefferville, Matimekush-Lac John, ont documenté 23 sites d’écoulement d’eau rouge dans des lacs et des rivières aux abords de la mine de Tata Steel Minerals Canada. 

Inquiétudes justifiées 

M. Couture souligne que le fer en lui-même n’est pas toxique, mais qu’il est normal de s’inquiéter. D’autres polluants peuvent être présents. 

«Quiconque voit une belle rivière propre qui devient rouge, c’est naturel de s’inquiéter», a-t-il dit. Il faudrait toutefois qu’il obtienne des mesures de toxicité avant de pouvoir dire si cela représente un risque pour les animaux ou pour l’homme. 

M. Couture souligne par ailleurs qu’il y a des trous dans la science sur laquelle se base la réglementation environnementale actuelle. 

«On n’a pas beaucoup de données sur l’impact des métaux en milieu nordique, où c’est froid, où tout prend plus de temps à récupérer, où la biodiversité est plus faible», a-t-il souligné. 

Il y a un «gros manque» de connaissances scientifiques. Ces études pourraient d’ailleurs «améliorer la réglementation». 

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