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La victoire des perdants

Tramway de gré ou de force...

Tramway
Photo courtoisie, Ville de Québec

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Les électeurs de la CAQ de la bienheureuse capitale nationale ne doivent plus rien comprendre: ils ont peut-être gagné leurs élections mais, pour le reste, à part la limitation du voile islamique et l’ajout de services aux enfants, ils doivent continuer à rêver.

Si leur gouvernement nage dans les surplus, il n’a pas l’intention de desserrer l’étau fiscal qui fait des Québécois les champions du revenu aplati.

Au bordel informatique, on affiche complet depuis des années. Mais on n’ira pas voir les putes ou les souteneurs, de peur du constat sans doute.

Le Fonds vert, où valsent quinze ministères et cent fois plus de zombies, est toujours en mode Buffet des incontinents. Mais là non plus, on n’ira pas voir, même le VG est démotivé par le capharnaüm des changements climatiques.

Les caquistes étaient donc de plus en plus sceptiques mais ils serrent les dents depuis le discours dominical de François Legault.

Des projets verts, destinés à soutenir Bombardier, il y en a tellement qu’il faudra distribuer des valium au Conseil du trésor. 

Métro, tramway, autobus, ici, là, ailleurs, à Montréal, à Québec comme à Gatineau, il pleuvra si fort des milliards qu’il faudra se mettre à l’abri. 

Tramway
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

«Au lieu de pomper notre argent dans les coffres des pétrolières, on va garder notre argent ici, pour créer de la richesse ici, pour les gens d'ici », avait lancé M. Legault en faisant à ses apôtres la lecture des nouvelles Tables de la loi caquiste...

L’Ecclésiaste pourrait ajouter: « Quand les bonnes choses deviennent nombreuses, ceux qui en veulent deviennent assurément nombreux»...

Alors tous les maires du Québec, ceux d'ici che nous, les nous-autres et les toué-lâ-lâ, leurs nombreux courtisans, syndicats, fonctionnaires, consultants, ingénieurs et apprentis experts, ils se sont sans doute agenouillés en soupirant un gros merci.

Que de milliards à dépenser. Que de joie et de secrets à partager au Petit coin breton, à la Maison du spaghetti ou au Toqué. La richesse illuminera les plus médiocres!

Pour le petit contribuable de la grosse province, la prière prendra un autre sens. Il le connaît déjà, le chemin de la croix, lui-même crucifié à chaque printemps par les collecteurs du Fonds consolidé... Il est le traditionnel mouton égorgé à la fête du même nom...

Quand l’Institut de la statistique signale qu’il dispose de moins de fric (28,785 $) que ses voisins, il se demande s’il ne devra pas faire comme ces petits commerçants de la rue Saint-Denis ou ceux du Vieux-Québec : plier bagages, foutre le camp...

L’électeur caquiste est sévèrement emberlificoté à Québec. Roulé dans la farine, dans la panure et le tempura; il est momifié, bouche bée devant le spectacle; la désinformation est d’une telle ampleur que même les plus sceptiques finissent par croire à un magistral coup monté.

Le tramway du maire Labeaume et de ses courtisans fera un premier arrêt à l’Assemblée nationale, d’ici la mi-juin. Un projet de loi facilitant la «réalisation» de ce projet multimilliardaire sera adopté. Sans doute à l’unanimité par des politiciens convaincus d’être à la mode...

On imagine d’ici la joie de la paire de députés Orangina et du dernier libéral vivant. Le trio des heureux perdants qui auront finalement gagné envers et contre tous...

Car ce sera finalement les circonscriptions où la CAQ n’a pas été élue qui seront les plus grandes bénéficiaires du fameux tramway, celles qui seront les mieux desservies par le tracé prévu: Jean-Talon-la-Marquise, Taschereau-les-Condos et Jean-Lesage-du-Terre-plein...

Ah, ils l’ont dans l’os, les électeurs de la droite guimauve. Leurs députés, leurs ministres ont perdu la partie avec brio. Quel talent pour la défaite!

Dans un monde où la dépense est reine depuis cinquante ans, il leur apparaissaît sans doute impossible de faire autrement...

Aux gentils caquistes fiscalisés, il ne reste qu’un mince espoir, comme une secrète conviction, celle de voir un jour les petites déceptions s’additionner.