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Les femmes: mieux outillées face aux robots? 



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Catherine Courchesne - 37e AVENUE

 

L’automatisation transforme le monde du travail. Les progrès technologiques feront que des millions d’hommes et de femmes perdront leur emploi. Un récent rapport de Services économiques RBC prétend d’ailleurs que les femmes sont plus menacées par cette grande vague numérique, mais qu’elles y sont également mieux préparées.

Les femmes : plus menacées

Selon le rapport, les femmes occupent plus de la moitié des emplois canadiens fortement menacés par l’automatisation, qui comptent pour 35 % de la totalité des emplois. En effet, outre le secteur manufacturier, un des secteurs économiques que l’automatisation affectera le plus est le secteur tertiaire. Ce dernier recouvre un vaste champ d’activités comme le commerce au détail, l’éducation, la santé, l’action sociale ainsi que les services aux entreprises et aux particuliers. Parmi ces activités se trouvent de nombreux emplois traditionnellement féminins, comme les postes de caissière et d’infirmière. Sans être tous abolis, ces types d’emplois nécessiteront de plus en plus de compétences numériques. À titre d’exemple, un rapport de McKinsey sur les compétences prédit qu’en 2030, les travailleurs et travailleuses de la vente au détail accorderont 50 % plus de temps à la technologie que maintenant.

Les femmes : mieux préparées

Cela dit, le rapport soutient également que les femmes sont mieux préparées que les hommes aux changements technologiques, puisqu’elles occupent aujourd’hui des postes requérant des compétences générales et sociales difficilement automatisables, et donc très recherchées pour les emplois du futur. Ces compétences sont notamment l’esprit critique, la communication, l’empathie, la compréhension de texte et la capacité à résoudre des problèmes. Ainsi, dans le domaine de la santé, on peut facilement imaginer le scénario suivant : pendant que la technologie surveillera les données vitales des patients et fera la mise à jour des dossiers, le personnel soignant se concentrera sur la relation avec les patients et sur le développement de meilleurs traitements.

Planification de carrière

D’un côté, des professions particulièrement à risque comme les réceptionnistes ou les commis de bureau. De l’autre, des professions en croissance, comme les aides-infirmières et les éducatrices de la petite enfance. C’est pourquoi le rapport de la RBC suggère de mettre en place des politiques et des outils permettant aux femmes de planifier leur carrière en fonction des aptitudes recherchées pour les emplois de demain. Par exemple, le gouvernement canadien pourrait créer une plateforme numérique nationale d’information sur les aptitudes et les emplois, qui comparerait les compétences acquises dans une profession à risque avec les compétences requises pour une profession en croissance. Par conséquent, une réceptionniste dont l’emploi est menacé pourrait être réorientée vers le travail social, un emploi demandé, puisque les deux emplois partagent des compétences telles que l’écoute active, la communication orale et la pensée critique. Idéalement, des formations intensives et personnalisées seraient offertes afin de pallier les compétences manquantes.

Enfin, d’après ce rapport, une autre façon de mieux préparer les femmes à faire face à l’automatisation serait de les aider à occuper des emplois bien rémunérés et moins menacés, tels que des postes de direction. En effet, encore aujourd’hui, les femmes sont sous-représentées au sommet des hiérarchies...