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L’EpiPen encore trop peu utilisé lors d’une réaction allergique

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 Il semble que l’utilisation de l’auto-injecteur d’épinéphrine (EpiPen) ne soit toujours pas automatique lorsqu’un enfant fait une importante réaction allergique, qui pourrait être mortelle. 

 C’est ce qui se dégage d’une vaste étude, «la plus exhaustive du genre à avoir été publiée», menée par une équipe du Centre universitaire de santé McGill. 

 Pour cette étude, 3500 patients, qui avaient en majorité entre 1 an et 17 ans, ont été suivis entre 2011 et 2017 dans 9 urgences pédiatriques à travers le Canada. 

 Et le constat du Dr Moshe Ben-Shoshan? Dans moins du tiers des cas, les patients avaient reçu une dose d’épinéphrine avant d’être admis à l’urgence. Sur les 3498 cas d’anaphylaxie, l’EpiPen n’avait été utilisé que dans 31 % des cas. 

 «Les gens ont peur de l’EpiPen, avec son aiguille», explique simplement le Dr Moshe Ben-Shoshan, spécialiste en allergie et immunologie pédiatrique à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill et à l’Hôpital de Montréal pour enfants du CUSM. 

 «Nous avons découvert que lorsque l’épinéphrine était administrée avant l’arrivée à l’hôpital, les patients étaient presque cinq fois moins susceptibles d’avoir besoin de se faire administrer plusieurs doses d’épinéphrine à l’Urgence pour maîtriser l’anaphylaxie», ajoute l’auteure principale de l’étude, Sofianne Gabrielli, stagiaire à AllerGen et associée de recherche à l’IR-CUSM, dans un communiqué. 

 Dans 46 % des cas d’anaphylaxie dans l’étude, des antihistaminiques avaient été administrés aux patients avant d’arriver à l’hôpital, comparativement à 2% pour des stéroïdes. 

 L’étude suggère donc que les «lignes directrices en matière de prise en charge de l’anaphylaxie chez les enfants doivent être mises à jour». 

 «L’EpiPen, c’est très simple à utiliser. On ne doit pas hésiter à l’utiliser s’il y a de l’anaphylaxie. Ça sauve la vie», ajoute le Dr Moshe Ben-Shoshan. 

 «Les résultats publiés aujourd’hui font ressortir la nécessité d’éduquer davantage le grand public et de lui insuffler la confiance nécessaire pour évaluer les signes et les symptômes de l’anaphylaxie, et pour traiter cette réaction allergique avec un auto-injecteur d’épinéphrine lorsqu’elle se manifeste», plaident les chercheurs dans un communiqué émis par le Centre universitaire de santé McGill.