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Pourquoi je ne cosignerai jamais le prêt d’un ami : 2 questions à se poser avant de commettre cette erreur

Pourquoi je ne cosignerai jamais le prêt d’un ami : 2 questions à se poser avant de commettre cette erreur
Drobot Dean - stock.adobe.com

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En plus de ne pas garantir le bonheur, l’argent possède cette capacité de sérieusement maganer les liens les plus solides. 

Chum, blonde, sœur, cousin, BFF... les histoires de cash ont probablement détruit plus de relations que les triangles amoureux et la dernière saison de Game of Thrones mis ensemble. 

Sachant cela, quand un proche nous sollicite afin de cosigner un prêt, aussi petit soit-il, est-il imprudent, voire dangereux, d’accepter de lui donner un coup de main?  

J’ai le goût de terminer ce texte tout de suite en écrivant : 

Cosigner le financement de quelqu’un est la pire idée EVER! Ne le fais pas. Tu me remercieras plus tard. 

Mes années de service en recouvrement de mauvaises créances m’ont permis d’être aux premières loges de trop d’histoires tristes ou choquantes. Disons que j’ai souvent entendu des trucs comme : 

«Ah ben cr*ss ! Le maudit, il m’a juré qu’il faisait ses paiements. Et ça affecte mon crédit là? C’est pour ça qu’on m’a refusé pour une hypothèque?» 

Ou encore... 

«Comment ça je dois payer la dette de mon ex? Elle est partie dans brume avec tous les meubles qu’elle a achetés avec ce prêt!»

Pour quiconque tient à sa santé financière et à ses relations interpersonnelles, je suggère fortement de se poser ces deux questions avant de cosigner le prêt d'un proche.

1. Pourquoi le prêteur exige-t-il un cosignataire ? 

On exige habituellement une deuxième signature quand le demandeur principal ne répond pas adéquatement à une liste de critères (revenu, pointage de crédit, stabilité d’emploi, etc.). 

Certes, les grilles d’analyse utilisées par les institutions financières pour déterminer la solvabilité d’un emprunteur ne sont pas sans faille. Ce sont des outils conçus pour déceler froidement des patterns et des risques de défaut de paiement, en faisant fi de facteurs humains. 

Prenons un exemple.

Admettons que ton cousin Steeeve a besoin d’un cosignataire pour acheter un nouveau 4-roues. Le pauvre malchanceux a accumulé plusieurs retards de paiement l'an dernier. 

S’il est compréhensible de sympathiser avec ton gentil cousin qui a négligé ses comptes après sa séparation difficile avec Kavveune, cette situation n’émeut point un système d’analyse de crédit. 

Le bon vieux Steeeve s’est peut-être repris en main depuis. Tu as sûrement d’excellentes raisons de croire en lui. C’est un gars plein de bonne volonté après tout. Puis en plus, tu lui en dois une depuis qu’il t’a passé son truck pour ton déménagement. 

Mais est-il susceptible de répéter les mêmes erreurs et de te mettre dans une situation embarrassante qui pourrait te coûter cher?

En fait, la véritable question va comme suit :

«Si une grande entreprise aux outils sophistiqués n’est pas prête à prendre le risque de financer le nouveau 4-roues de Steeeve, en quoi suis-je mieux habilité pour évaluer sa capacité de remboursement?»

Oui, ton refus de l'aider peut causer un froid, mais le fait de devenir conjointement et solidairement responsable d’une dette pourrait infliger d’irréparables dommages. 

Ce qui mène à la prochaine question. 

2. Suis-je prêt à assumer toutes les conséquences possibles?

Quand on accepte de cosigner un financement, vaut mieux appliquer la loi de Murphy : «Tout ce qui est susceptible d'aller mal ira mal.» 

Je recommande rarement le pessimisme comme philosophie de vie, mais dans cette situation particulière, il est indispensable.

Je me rappelle d’un dossier où j’avais dû annoncer à une étudiante qu’elle venait d’hériter d’un prêt de 15 000$.

Son ex-copain avait fait faillite et elle avait cosigné à l’époque où le couple filait le parfait bonheur. Puisque l’ex s’était défait de ses obligations en faisant affaire avec un syndic, la jeune femme devenait responsable de la totalité de la dette. 

Ouch! 

Les histoires ne sont pas toutes aussi dramatiques, mais le financement peut se retrouver sur son dossier de crédit et ainsi rendre plus difficile l’obtention de crédit pour soi-même. 

Il est essentiel pour le cosignataire de considérer le financement comme s’il était le sien. Cela implique de :

  • Connaître tous les détails et les spécificités du prêt.
  • Demander accès aux relevés de compte et assurer un suivi constant.
  • Avoir les reins financiers assez solides pour assumer l’entièreté du remboursement.
  • Voir la possibilité d’inclure au contrat des clauses donnant un délai en cas de défaut de paiement de l’emprunteur principal.

D'un point de vue humain, c'est aussi d'accepter que malgré les meilleures intentions, nos proches sont susceptibles de commettre des erreurs. Si on s'attend à la perfection, on risque de vivre de sérieuses frictions. 

Au fond, on doit surtout se rappeler que contrairement aux relations qui peuvent changer au fil du temps, les contrats de financements demeurent intacts jusqu’au dernier versement.

Il y a bien d’autres façons de prêter main-forte à ses proches. Être à l’écoute, préparer un souper, payer la prochaine tournée... tsé, c'est les petites choses qui comptent comme on dit.

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