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Salaire des hauts dirigeants: les sociétés d’État manquent de transparence, déplore la VG

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La SAQ, Investissement Québec et d’autres sociétés d’État cachent les primes et les bonis versés à leurs hauts dirigeants, révèle la Vérificatrice générale.

«L’information présentée par les sociétés d’État concernant la rémunération de leurs hauts dirigeants est insuffisante, ce qui nuit à la transparence et à l’imputabilité des décideurs», a fait savoir la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, dans son rapport 2019-2020, déposé jeudi à l’Assemblée nationale.

Mme Leclerc constate notamment un manque de transparence quant aux indemnités de départ versées aux dirigeants de sociétés d’État. Cinq d’entre elles ont versé 3,4 millions $ en indemnités de départ de 2015 à 2018, alors qu’elles en avaient déclaré que 800 000 $.

Par exemple, la SAQ a versé pour quelque 2 millions $ en indemnités de départ sur trois ans (moyenne de 400 000 $ par départ), mais n’a déclaré publiquement aucune information à cet égard.

Bonis à l’entrée

La vérificatrice note également un manque de transparence relativement aux bonis à la signature, qui ne sont pas systématiquement révélés par les sociétés d’État québécoises.

«Une divulgation exhaustive de toutes les composantes de la rémunération, y compris les bonis et les indemnités de départ, est incontournable», croit Mme Leclerc.

La vérificatrice générale juge également que les sociétés d’État à vocation commerciale sont insuffisamment restreintes lorsqu’elles fixent le salaire des hauts dirigeants sous sa responsabilité.

«Le Secrétariat du Conseil du trésor n’encadre pas suffisamment les sociétés d’État en ce qui a trait à la rémunération des hauts dirigeants nommés par celle-ci. En fait, il fournit peu d’informations pour les guider dans la détermination de la rémunération et des conditions de travail de leurs hauts dirigeants.»

IQ et la SAQ rabrouées par les ministres

Même si Investissement Québec et la SAQ sont pointés du doigt, les deux ont fait savoir qu’elles n’allaient pas suivre les recommandations de la Vérificatrice.

«[Les sociétés d’État] croient avoir raison», a-t-elle commenté, s’avouant «perplexe» devant ce choix.

N’en déplaise à Investissement Québec, le ministre de l’Économie a donné raison à la vérificatrice générale, lors d’un point de presse.

«Pour la transparence, je suis en accord complet avec la vérificatrice générale, a dit le ministre Pierre Fitzgibbon. Je pense qu'on doit à la population de divulguer tous les critères pour lesquels on va payer une rémunération variable, et je m'engage à faire ça avec le conseil d'administration.»

Des propos qui ont trouvé écho chez son collègue au Trésor.

«Les sociétés d’État vont devoir avoir des règles très claires de transparence à ces éléments de rémunération», a commenté Christian Dubé.

Indemnités de départ: quelques aberrations relevées dans le rapport de la VG

  • À la Société des alcools du Québec : Une indemnité de départ représentant 15 mois de salaire a été versée, alors que le dirigeant a été à l’emploi moins de 24 mois.
  • À la Société des établissements de plein air du Québec : Une indemnité de départ représentant 5 mois de salaire a été versée, alors que le dirigeant a été à l’emploi 15 mois.
  • À Investissement Québec : Une indemnité de départ représentant 18 mois de salaire a été versée, alors que la politique prévoit une indemnité maximale de 12 mois.

Les sociétés d’État auditées par la VG

  • Société des alcools du Québec
  • Investissement Québec
  • Loto-Québec
  • Société québécoise des infrastructures
  • Société des établissements de plein air du Québec    

 ÉCOUTEZ Jean-François Gibeault, directeur du service de recherche de l’Agence QMI à l'émission Là-haut sur la Colline à QUB radio: 

 

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