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Un argument de plus pour l’AJLNH

Mitch Marner a terminé en tête des compteurs chez les Maple Leafs, la saison dernière. Joueur autonome avec restriction, le jeune attaquant pourrait bien recevoir une offre hostile cet été.
Photo d’archives, AFP Mitch Marner a terminé en tête des compteurs chez les Maple Leafs, la saison dernière. Joueur autonome avec restriction, le jeune attaquant pourrait bien recevoir une offre hostile cet été.

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Mitch Marner a décidé, de concert avec ses conseillers, d’écouter toutes les équipes qui « oseront » lui faire une offre hostile. Puisque les discussions avec les Maple Leafs de Toronto ne se déroulent pas comme on le souhaitait au départ, pourquoi ne pas profiter d’une option plutôt complexe, mais qui n’est pas sans soulever des interrogations.

Le marché des joueurs autonomes avec restriction offre chaque année une liste très attrayante de joueurs, mais qui sont emprisonnés dans un système que les directeurs généraux de la Ligue nationale exploitent jusqu’à la limite de la légalité.

Dans les faits, on ne fait pas d’offre hostile. On ne veut pas se tirer dans le pied. On veut protéger la profession. On ne veut surtout pas soulever l’ire de ses homologues. Bref, les raisons pour expliquer cette attitude sont nombreuses.

Cette année, alors que l’Association des joueurs et les propriétaires se prononceront sur la présente convention de travail, à savoir si l’entente se terminera à la fin de la prochaine saison, le statut des joueurs autonomes avec restriction n’est pas sans causer des soucis aux décideurs des différentes formations.

Liste attrayante

Quand ils consultent la liste des joueurs qui pourraient s’afficher au marché des joueurs autonomes avec restriction, il y a de quoi rêver.

Quelques noms ? Mitch Marner (Toronto), Mikko Rantanen (Colorado), Patrik Laine (Winnipeg), Kyle Connor (Winnipeg), Matthew Tkachuk (Calgary), Timo Meier (San Jose), Jakub Vrana (Washington) et Kasperi Kapanen (Toronto).

Tous, à part quelques exceptions, occuperaient un poste parmi le top 6 des attaquants des formations de la ligue.

Par conséquent, n’est-ce pas une occasion unique pour un directeur général de foncer et de déposer une offre hostile ? Marc Bergevin doit-il être un acheteur sérieux ? Absolument.

Marner a été le meilleur joueur des Leafs et Toronto est une équipe évoluant dans la même division que le Canadien. Rantanen a raté les neuf derniers matchs de la saison régulière, sans doute aurait-il récolté tout près de 100 points. Laine est un cas particulier, cependant, il a le potentiel d’un marqueur de 50 buts par saison.

Évidemment, au cours des prochaines semaines, et à la suite des déclarations de l’agent de Marner et des propos tenus récemment par Don Meehan, voulant que les directeurs généraux se préparent à faire des offres hostiles, on doit s’attendre à ce que les employeurs actuels des joueurs autonomes multiplient les rencontres dans l’espoir d’en venir à un accord avec leur employé.

Les prochaines semaines auront un impact, dans un premier temps, sur les décisions que prendront les propriétaires et l’Association des joueurs en septembre prochain. Également, si jamais cette liste attrayante demeurait inchangée d’ici le 1er juillet, et qu’aucune offre hostile n’était déposée, on pourrait alors croire qu’il y a effectivement « collusion ».

Peu d’options

Marner et son agent n’ont pas tellement d’options et ils le savent très bien. Supposons qu’ils ne parviennent pas à s’entendre avec les Maple Leafs et qu’aucune formation ne dépose une offre hostile, quel sera alors le moyen de pression ?

La grève.

Les Leafs ont vécu une mauvaise expérience avec William Nylander et les décideurs de l’organisation tenteront d’éviter cette avenue. Kyle Dubas, le directeur général, a commis une erreur et, au bout du compte, il doit maintenant en payer le prix.

Si les Leafs accordent un contrat de 12 millions $ par saison à Marner, ils devront alors échanger l’un des hauts salariés et Nylander est le premier joueur identifié. Il n’a en aucun temps justifié l’argent que lui a accordé Dubas.

Le marché des joueurs autonomes avec restriction est complexe parce qu’il y a un prix à payer. Dans le cas de Marner, ça coûterait quatre choix de premier tour.

Un prix élevé direz-vous sauf que vous obtenez un joueur d’impact. Une offre hostile dans un tel cas est justifiée.

En conclusion si aucune offre hostile n’est déposée, alors il y aura de quoi s’interroger sur le système utilisé par les directeurs généraux. Et surtout comment ne pas penser qu’il y a collusion entre les directeurs généraux.

Des Blues acharnés

Si les Blues amorceront, à St. Louis, demain, une série trois de cinq avec l’avantage de la patinoire, c’est qu’ils sont acharnés pour la victoire. Cette équipe est impressionnante.

Elle a nivelé les chances dans la série parce qu’elle a ébranlé la défensive des Bruins de Boston. Ébranlé et martelé. Quarante-neuf mises en échec confirment les propos de Peter DeBoer, l’entraîneur des Sharks de San Jose, affirmant que les Blues étaient l’équipe la plus dure et la plus intransigeante de la ligue. Mercredi, elle s’est permis des attaques répétées avec un engagement très clair des attaquants pour se replier dans leur territoire.

Jordan Binnington a su appuyer le travail de ses coéquipiers.

On s’attendait à une réplique des Blues. Cette formation ne baisse jamais les bras face à l’adversité. Cependant, ce sont les Bruins qui n’ont pas réussi à monter leur jeu d’un cran en raison de l’intensité des Blues. Ils ont été embouteillés en plusieurs occasions dans leur territoire. Leurs défenseurs ont passé la soirée le nez dans la baie vitrée.

La réalité

Lors du premier match, ils avaient offert une performance assez convaincante pour penser à une série expéditive face à un rival désorganisé à partir de la deuxième période.

Mais dans la réalité, les Blues ont donné un autre sens à la série. À égalité numérique, ils ont été une équipe supérieure aux Bruins. Supérieure au niveau de l’exécution, supérieure dans l’échec avant, supérieure sur le plan physique.

Et, encore plus important, ils ont limité les dégâts en infériorité numérique.

Comme ça se produit souvent pendant les séries éliminatoires, un match relance constamment l’analyse des forces en présence. Maintenant, on se demande ce que devront faire les Bruins pour stopper les Blues qui ne souffrent d’aucun complexe et qui ont atteint la grande finale en pratiquant un style de jeu identique à celui déployé dans le deuxième match.