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Congestion sur l’Everest

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François-Guy Thivierge n’est pas tombé en bas de sa chaise lorsqu’il a vu les manchettes au sujet des embouteillages au sommet de l’Everest. Loin de là.

Le trop grand nombre de personnes qui souhaitent grimper cette montagne mythique est à l’origine de 11 décès au cours du dernier mois. Une statistique qui donne froid dans le dos.

« C’est rendu ridicule, constate-t-il. C’est comme faire la file indienne lors du Boxing Day avant l’ouverture des magasins.

C’est pathétique et triste à la fois. Je trouve que ça enlève la noblesse de l’Everest. »

Autrefois, seuls les alpinistes avertis pouvaient s’attaquer à ce monstre de 8848 mètres d’altitude.

« Aujourd’hui, tous les gens qui payent 100 000 $ peuvent le faire, ajoute Thivierge. Avant, les personnes qui tentaient leur chance étaient considérées comme les athlètes qui participent aux Jeux olympiques.»

Erreurs de logistique

Si la situation a dégénéré à ce point, c’est en raison de la trop grande souplesse des autorités népalaises.

« Ils doivent resserrer les règlements et trouver une façon de diminuer le nombre de permis d’ascension, suggère Thivierge. Du 10 et 31 mai, entre

300 et 400 personnes se rendent annuellement pour gravir l’Everest. Les autorités devront s’arranger pour que les alpinistes choisissent des dates différentes pour contrôler le trafic sur la montagne. »

Pour sa part, Thivierge a déjà eu le dernier mot sur l’Everest, mais il n’est pas question de tenter l’expérience une deuxième fois.

« Je n’ai pas le goût d’y retourner, affirme-t-il. Tu ne veux pas gravir une montagne une deuxième fois. C’est comme de faire un deuxième baccalauréat dans le même domaine.

« J’aime mieux m’attarder à celles que je n’ai pas encore faites.»

Un problème bien connu

Ce n’est pas d’hier que les autorités népalaises ont un problème d’embouteillage au sommet de l’Everest. Il daterait d’une quinzaine d’années, selon Thivierge.

« À l’époque, c’était surtout lors de journées précises. En 2008, lorsque j’ai atteint le plus haut niveau, il y avait un petit embouteillage de 50 alpinistes pour aller au sommet.

« Lorsque tu redescends, tu dois dépasser toutes ces personnes. Tu dois t’attacher et te détacher pour chaque personne. À l’époque, ça m’avait retardé de 15 minutes. Aujourd’hui, ça peut prendre jusqu’à six heures. »