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Le monde parallèle des sociétés d’État

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 Il y a quelque chose de surréel à écouter chaque année le Vérificateur général du Québec nous rendre compte des aberrations de l’autre monde. Celui de nos riches sociétés d’État.

 Hydro, SAQ, IQ, SEPAQ et autres... comme dans Aux frontières du réel, les enquêteurs du VG plongent dans cet univers à part, à l’abri de tout et mystérieux. Chaque fois, ils en reviennent avec des découvertes saisissantes. Les journalistes, ébahis, écoutent leur récit d’une réalité inatteignable. 

 Cette semaine, la vérificatrice Guylaine Leclerc a révélé que cinq sociétés d’État dont les pratiques ont été scrutées jouent à la cachette avec les élus de l’Assemblée nationale et tous les Québécois. Elles ont fait disparaître de leur rapport annuel et des documents analysés au parlement de généreux bonis et indemnités de départ accordées à leurs hauts dirigeants. Ça, on s’en doutait... il y a des antécédents. 

 Mais Mme Leclerc, toujours d’un ton égal et dénué d’émotion, nous raconte qu’il y a mieux. Parmi les perles à interloquer même le plus beige des comptables, la Société des alcools du Québec a versé une prime de départ équivalent à 15 mois de salaire à un haut gradé ayant été à l’emploi pendant seulement deux ans. Il y a aussi Investissement Québec qui a gracieusement arrosé un cadre de 18 mois de salaire en guise de cadeau d’adieu, alors que sa politique prévoit une indemnité maximale de 12 mois. Tout ça avait été caché. 

 Opacité

 À la SAQ seulement, 2 millions $ ont été versés en trois ans, sans que cette distribution ciblée de billets verts n’apparaisse nulle part. Et pourquoi les primes n’ont-elles pas été inscrites dans les documents ? Celle-là, elle est forte, attention : ses dirigeants ont plaidé que c’est « parce qu’il ne s’agit pas de rémunération, ils n’ont pas travaillé pour ça ». 

 Il en manque encore une coche pour que « l’effet wow » soit complet. La VG, ayant constaté ces pratiques douteuses et de graves manquements à la transparence, a émis des recommandations, dans l’espoir que les sociétés visées apportent des correctifs. 

 Investissement Québec et la SAQ, dans une moindre mesure, les ont rejetées en se lissant la moustache. On nous dit, en somme, « Merci de votre intérêt, divertissants représentants de bas étage, mais ce sera non. » 

 La SAQ écrit à l’égard d’une recommandation de la VG sur la « rémunération variable » qu’elle « va à l’encontre des meilleures pratiques de marché de référence ». Mais elle détient un monopole ! 

 Colère ou admiration

 Les journalistes voudraient bien que Mme Leclerc cogne sur le bureau à s’en fendre les jointures, lance ses documents sur le parquet et crie vengeance. Mais elle reste stoïque. Ça prend du flegme pour être VG. 

 Le pipeline d’indignation des Québécois est à sec. Piégé pour l’éternité dans ce cirque perpétuel, on finit par ressentir, presque atteint du syndrome de Stockholm, un certain attachement pour ceux qui se rient de nous. Comme si la colère avait fait place à l’admiration. Parce qu’ils repoussent les limites. 

 Accès aux livres

 Remarquez, le Vérificateur général du Québec a réclamé pendant des années le pouvoir de mettre son nez dans les livres des sociétés d’État comme Hydro et les autres. Ça remonte à l’époque de Guy Breton. Tout était fermé. On nous disait « allez vous faire voir ». 

 En 2013, c’est une loi du ministre des Finances péquiste Nicolas Marceau qui les a forcées à rendre des comptes. Il s’agissait d’une victoire. Mais on constate, depuis, qu’elles nous disent « d’accord, regardez nos livres, mais allez vous faire voir quand même ». 

 Les bulletins 

 Simon Jolin-Barrette, CAQ

Photo Agence QMI, Simon Clark

 Autant le ministre de l’Immigration avait trouvé le ton juste sur la laïcité, autant il a paru jouer les omnipotents cette semaine. Vite sur la gâchette à accuser l’opposition libérale d’obstruction sur la réforme de l’immigration, il a pris toutes les questions destinées à ses collègues de la Justice, Sonia LeBel, et de la Condition féminine, Isabelle Charest. 

 Gabriel Nadeau-Dubois, QS

Photo Agence QMI, Simon Clark

 Sa comparaison entre l’entêtement de Jean-François Roberge pour les maternelles 4 ans et Gaétan Barrette a fait mouche. Puis le solidaire a raison de réclamer un examen de l’ensemble des pratiques à la Caisse de dépôt après le ménage forcé dans la seule filiale Otéra. Il a par ailleurs réclamé que la révision de la rémunération des élus soit confiée à un comité indépendant, pour éviter que les députés soient juges et partie. 

 Marie-Claude Nichols, PLQ et Geneviève Guilbault, CAQ

Photo Agence QMI, Simon Clark
Photo Agence QMI, Simon Clark

 La députée de Vaudreuil a bien relayé les inquiétudes et l’exaspération des sinistrés de sa circonscription qui vivent une problématique d’hébergement depuis les inondations. Elle a eu raison d’insister. La ministre Guilbault ne les a pas abandonnés, toutefois, et s’est rendue sur place jeudi. Les maires ont été rassurés, le gouvernement du Québec paiera 75 à 85 % de la facture. 

 En vrac 

 Fierté pour les champions

Simon Clark/

Le ministre de la Faune et député d’Abitibi-Est Pierre Dufour a souligné la conquête de la coupe Memorial par les Huskies de Rouyn-Noranda. Il est entré à l’Assemblée avec le chandail de l’équipe mardi.  

 Salut les ex !

Photo Agence QMI, Simon Clark

 Pour l’ouverture du nouveau pavillon d’accueil du parlement, des anciens présidents se sont joints à la fête. Jacques Chagnon, Yvon Vallières, Jean-Pierre Charbonneau et Roger Bertrand ont assisté à la période des questions.  

 Ce n’est pas le Sphinx, c’est Marwah !

Photo Agence QMI, Simon Clark

 Témoignant son incompréhension dans le dossier des maternelles 4 ans, la libérale Marwah Rizqy a exhibé un point d’interrogation. De quoi rappeler le vilain Sphinx dans Batman !