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Les libéraux ont perdu l’élection

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Photo d'archives, Agence QMI Après une telle défaite électorale, le Parti libéral devrait bien réfléchir avant de bloquer les projets de loi sur l’immigration et la laïcité.

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Les libéraux promettent une fin de session ardue à la CAQ. Les deux projets de loi les plus importants du gouvernement, celui réformant l’immigration et celui concernant la laïcité semblent en voie d’être bloqués par l’opposition au moment où se pointe la fin de la session parlementaire.

Je ne vais certainement pas reprocher à l’opposition de faire son boulot. Ils sont élus et payés pour ça. Les projets de loi doivent être scrutés, remis en question et c’est le rôle de l’opposition d’y voir. Par contre, l’opposition peut aussi utiliser le prétexte d’une étude extrêmement attentive de chaque syllabe d’un projet de loi pour faire obstacle totalement à son adoption.

Cette tactique qu’on appelle obstruction systématique est le principal outil d’un parti d’opposition qui veut montrer du muscle face à une législation qu’elle juge mauvaise. L’opposition place alors le gouvernement devant des choix difficiles : imposer la loi par un bâillon, faire des compromis ou carrément y renoncer.

Légitimité ?

Dans le cas présent, l’obstruction des libéraux soulève des enjeux sérieux. Je suis obligé de dire aux élus du Parti libéral du Québec : « Vous venez de subir une dégelée ! » Cela ne veut pas dire qu’il faille abandonner ses principes ou renoncer à faire son devoir parlementaire. Mais dans la toute première session, il faudrait se garder une petite gêne. Surtout lorsque le gouvernement veut faire adopter des éléments du programme électoral préféré des électeurs.

Faire obstacle à la volonté populaire au lendemain d’une défaite aussi cinglante : attention ! Surtout que les thèmes de l’immigration et de la laïcité furent abondamment discutés lors de la dernière campagne. On ne peut pas parler d’un coup fourré de François Legault qui aurait gardé une carte cachée dans son dos.

J’oserais même dire qu’à un point de la campagne, les libéraux avaient mis la CAQ sur la défensive en critiquant sa réforme de l’immigration. Les seuils d’immigration réduits, les tests de valeurs, François Legault a eu chaud en s’expliquant à certains moments. Il a été interpellé durement lors des débats entre chefs. Au terme d’un tel exercice, les électeurs ont choisi en connaissance de cause.

Électeurs francophones

Je ne veux pas m’amuser à tourner le fer dans la plaie, mais la défaite libérale donne à réfléchir. Ils ont été rayés de la carte dans presque toutes les régions francophones. Dans quelques-unes, ils ont même terminé au quatrième rang. Il faudrait mettre cela dans la balance aujourd’hui avant de se placer en travers du chemin pour bloquer les premières initiatives majeures du gagnant de l’élection.

J’ajouterai un élément de réflexion pour le PLQ. Jusqu’à maintenant, dans le dossier de l’identité, beaucoup de Québécois vous reprochent d’avoir péché par omission. Vous avez créé la commission Bouchard-Taylor, puis pendant dix années au pouvoir vous n’avez essentiellement rien fait.

Pécher par omission, c’est une chose. Mais combattre de façon proactive afin d’empêcher la volonté démocratique de se matérialiser risquerait d’être plus long à pardonner.