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Merci pour les bons mots à notre Bureau d’enquête M. Sabia, mais...

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Michael Sabia a été bon joueur cette semaine en félicitant Le Journal de Montréal (il voulait dire notre Bureau d’enquête) pour les reportages qui ont conduit au plus gros scandale de son règne de dix ans comme président de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Mais il y a un autre problème dans son organisation que nous aimerions lui faire découvrir...

M. Sabia ne peut pas tout savoir ce qui se passe dans son organisation de 1178 employés. La preuve est maintenant faite.

C’est pourquoi nous profiterons de l’occasion pour lui dire que la Caisse de dépôt et placement est devenue une organisation très peu transparente, ce qui n’est pas acceptable pour une institution qui gère l’épargne des déposants du Québec. C’est-à-dire votre argent pour la retraite, le mien, celui de votre beau-frère et de votre voisine fonctionnaire. Bref, 310 milliards d’argent du public.

Notre Bureau d’enquête travaille continuellement le vent dans la face pour sortir des informations de la Caisse. On nous refuse souvent les informations que nous demandons. On nous répond des insipidités à des questions pourtant simples, parfois même sur un ton méprisant.

« Vous comprendrez sûrement », nous écrit-on souvent dans des réponses où on nous refuse l’accès à des documents ou des informations. Eh bien non, nous ne comprenons pas !

Notre Bureau d’enquête a réussi à déterrer le scandale Otéra (qui a jusqu’à maintenant conduit à quatre congédiements) sans aucune aide de la Caisse, qui a ensuite dépensé 5 millions de dollars de l’argent des épargnants en frais d’avocats et de comptables pour arriver à peu près aux mêmes résultats. (Tout le dossier peut être lu ici)

D’autres exemples

Pour illustrer le barrage auquel nos journalistes font face, voici quatre exemples récents de demandes d’accès à l’information refusées par la Caisse :

  • On a refusé de nous transmettre le nombre d’employés qui gagnent 100 000 $ et plus ainsi que la rémunération totale de ceux-ci incluant les primes. « Cette information porterait atteinte au mode de fonctionnement de la Caisse dans le recrutement et la rétention de son personnel et donnerait un avantage indu à ses compétiteurs », nous a-t-on répondu. Cela n’a aucun sens pour un monopole d’État, selon nous.
  • Pour les mêmes raisons, on a refusé de nous donner le nombre de nouvelles transactions réalisées par l’équipe de Christian Dubé (lorsqu’il était premier vice-président Québec de la Caisse), alors que nous demandions le nombre total de transactions. Dans la lettre de réponse de la Caisse, on nous a écrit : « Nous considérons que ceci répond entièrement [à ce] volet de votre demande d’accès telle que formulée. » Ah bon, merci quand même.
  • On a aussi refusé de nous transmettre les sommaires des allocations de dépenses de Christian Dubé. On nous a plutôt donné des montants totaux par année. Pourtant, chaque ministre, sous-ministre et même le PDG d’Hydro-Québec doivent publier un sommaire de leurs dépenses de fonction, par catégorie (transport, repas, hébergement, etc.). Selon la Caisse, il s’agit là notamment de « secrets industriels » et de renseignements personnels.
  • On a également refusé de nous donner des rapports portant sur les tentatives d’intrusions informatiques dans le réseau de la Caisse, alors que plusieurs ministères et organismes, dont le ministère du Conseil exécutif (celui du premier ministre) et le Directeur général des élections, nous ont transmis ces données et documents demandés.

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Notre Bureau d’enquête pose des questions légitimes pour le public, celui-là même qui confie son argent à la Caisse. Il est en droit d’obtenir des vraies réponses.

Les résultats de nos recherches peuvent être très utiles pour la société, comme on l’a vu avec Otéra.

Hydro-Québec faisait preuve de très peu de transparence à la fin de la présidence de Thierry Vandal, une situation qui a été considérablement améliorée sous l’actuel président Éric Martel. Hydro-Québec n’a pas moins bonne image depuis, au contraire.

Si M. Sabia ne veut pas passer à l’histoire comme le président le plus cachottier de la Caisse de retraite des Québécois, il faudrait qu’il regarde maintenant ce qui se passe dans son rayon des communications, chez ceux entre autres qui traitent les demandes d’information des médias et du public.

Nous serons bons joueurs nous aussi. Nous retournerons dans les prochains jours les demandes que nous avons faites depuis un an pour donner une nouvelle chance à la Caisse de nous répondre. Et nous vous tiendrons au courant.

LES GAFA

Par ailleurs, nos journalistes d’enquête s’intéressent aux géants du web qui sont de plus en plus présents au Québec, où ils ont eu la vie très facile jusqu’ici. Les Google, Amazon, Facebook et Apple (GAFA) influencent plus que jamais nos vies, pas toujours pour le mieux.