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Se lancer en affaires sur un coup de tête

Marie-Amélie Guilbault s’est offert un gros cadeau pour ses 40 ans: elle a lancé son entreprise JolieRide

Marie-Amélie Guilbault
Photo Pierre-Paul Poulin Marie-Amélie Guilbault, conceptrice de vêtements de vélos pour femmes et fondatrice de JolieRide Co.

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Marie-Amélie Guilbault s’est lancée en affaires il y a trois ans « sur un coup de tête » en créant JolieRide Co., qui conçoit des vêtements de cyclisme pour femmes.

Elle n’y connaissait rien en couture, encore moins en textiles, mais savait qu’il y avait une lacune à combler sur le marché pour des vêtements de vélo alliant confort et beau look.

« Je n’aimais pas ce que je trouvais. Il fallait que j’achète un maillot de deux tailles au-dessus pour qu’il ne soit pas trop serré. J’étais en train de peindre ma cuisine quand j’ai eu l’illumination : il fallait que je crée ma propre collection ! » raconte celle qui était à l’époque stratège en médias numériques à La Presse.

Elle avait pourtant déjà dit que l’entrepreneuriat, très peu pour elle.

Au début de sa carrière, elle a travaillé pour une entreprise en démarrage et elle a vu tout ce que cela exigeait d’être patron. « Je me suis dit que je ne serais jamais en affaires ! » de s’exclamer Marie-Amélie.

Comme quoi il ne faut jamais dire jamais !

« Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais. Une chance, d’ailleurs ! »

À force de détermination et en multipliant les contacts, elle a fini par trouver une designer et un manufacturier qui lui ont tout appris sur le design, la matière et la production de vêtements.

« J’ai passé des journées avec la designer à dessiner les premiers modèles. J’ai aussi choisi de créer mes propres imprimés, c’est l’étape que j’aime le plus », raconte Marie-Amélie Guilbault.

Les vêtements JolieRide se démarquent parce qu’ils épousent bien les formes féminines et avantagent la silhouette. « Ils ont un style qui s’inspire de la mode européenne, sont confortables et abordables », dit-elle.

Une décision bien mûrie

Sa clientèle cible : les femmes actives entre 30 et 60 ans, qui pratiquent le vélo de route pour s’entraîner ou se divertir.

Pendant plus de deux ans, Marie-Amélie a cumulé son emploi et le démarrage de son entreprise. Elle profitait de son heure de lunch pour démarcher de nouvelles boutiques ou elle prenait une journée de congé pour aller montrer ses échantillons aux commerces plus éloignés de Montréal.

En février 2018, elle a toutefois décidé de faire le grand saut, son entreprise ayant des assises plus solides.

« Je me suis fait un cadeau pour mes 40 ans, lance-t-elle. C’est une décision que j’ai mûrie depuis le début de l’entreprise. Il fallait juste choisir le bon moment pour le faire. De toute façon, c’était devenu difficile de concilier les deux. Les journées étaient longues et, en plus, je n’avais plus le temps de faire du vélo. »

Nouveau mode de vie

Elle a dû adopter un mode de vie plus simple, mais est maintenant maître de son horaire. Elle voit à tout elle-même, de la réception à l’envoi des commandes, en passant par les opérations de marketing.

« Je n’ai pas d’employé et je ne compte pas en embaucher non plus. Tout comme je ne veux pas ouvrir de boutiques. Je veux conserver la liberté que cela me procure. Je me partage entre la ville et la campagne, je peux ainsi tout gérer à distance. »

JolieRide connaît une belle croissance, mais contrôlée. « Je double mon chiffre d’affaires chaque année », affirme la femme d’affaires.

Les vêtements JolieRide sont vendus actuellement dans plusieurs grandes chaînes de vêtements et accessoires de sport et de plein air, de même que dans des boutiques spécialisées au Québec. L’objectif pour les mois à venir est de développer le marché du détail à l’extérieur de la province.

L’entreprise réalise 60 % de ses ventes en ligne, majoritairement au Canada et aux États-Unis. « On vend aussi en Europe et un peu en Australie. »

Elle considère avoir aujourd’hui une vie plus équilibrée malgré les montagnes russes de l’entrepreneuriat.

« Régulièrement, je veux abandonner. Mais après le creux vient rapidement la remontée. C’est là que je comprends pourquoi je fais ça. Alors, je continue. »

Son parcours

  • Marie-Amélie Guilbault, 41 ans
  • Maîtrise en marketing, HEC Montréal, 2005
  • Stratège en médias numériques, La Presse, 2016 à 2018
  • Fondatrice de JolieRide Co., 2016

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

  • « De déléguer les tâches où je ne m’y connais pas assez. J’ai réussi à m’entourer d’une bonne équipe de spécialistes, ce qui m’a épargné bien des erreurs, en plus de me sauver du temps. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

  • « Ma première collection, qui était trop élaborée et que j’ai fait fabriquer en trop grande quantité. C’est bon d’offrir du choix, mais il faut aussi de la mesure. »

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