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Ça ne peut pas continuer

Adil Charkaoui, l’islamiste le plus connu au Québec.
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Adil Charkaoui, l’islamiste le plus connu au Québec.

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J’ai longtemps réfléchi avant d’écrire cette chronique et j’espère qu’elle sera reçue dans l’esprit qui l’anime : ça ne peut pas continuer comme ça.

Outre le terrorisme, pourquoi tant de personnes en Occident craignent ou détestent la religion musulmane et les 1,8 milliard d’êtres humains qui la pratiquent, la plupart différemment ou pas du tout ? Il n’y a pas que le terrorisme. Les fanatiques anti-islam sont rarement les plus beaux spécimens de l’espèce.

Laïcité

Cet antagonisme mine les efforts du Québec pour devenir enfin officiellement laïque. Plusieurs croient que l’État mène un combat déguisé contre l’islam. Rien n’est plus faux. Toutes les religions sont visées par le projet de loi 21, mais l’islam se démarque en effet par le nombre d’adhérents et par certains rites et coutumes qui font monter la moutarde au nez de plusieurs.

Se balader en niqab, en jilbab ou en qamis (vêtement islamique pour hommes que certains Québécois appellent « jaquette ») attirera toujours les regards. L’aspect spirituel de l’abattage à froid de moutons devant des enfants lors de la fête du même nom nous échappera toujours.

Plusieurs, dont je suis, appréhendent la religiosité comme un défi d’intégration. Il faut au moins trois générations pour fabriquer des pures laines. Cela semble mal parti.

Que des musulmans « ordinaires » dénoncent l’islamisme rassure, mais on ne peut l’exiger. On se rappellera la belle campagne « Pas en mon nom » lancée par de jeunes Britanniques en 2014 pour signifier leur opposition à l’État islamique, mais les consensus sont rares, surtout en islam qui n’a pas de chef spirituel comme le pape, pour qu’on mette ce fardeau sur les épaules d’êtres humains qui, pour la plupart, n’ont rien à voir avec l’islamisme, outre de le subir eux-mêmes. Quiconque se tient moyennement informé tombera sur une « islamo-nouvelle ». Leur accumulation finit par orienter les opinions. Peut-on un jour espérer ne plus lire ce genre d’histoires ? Sinon, toute entente est impossible.

À Birmingham, en Angleterre, des parents musulmans ont retiré 600 enfants sur 749 d’une école publique pour ne pas qu’on leur enseigne l’homosexualité.

« Dieu a créé les femmes pour le plaisir des hommes », disait un père sur Sky News.

Dégoûté

Toujours en Angleterre, un médecin de famille a demandé à une mère qui portait le niqab de se découvrir le visage pour mieux entendre ce qu’elle disait au sujet de sa fillette malade. Le mari, arrivé sur le fait, était livide. Le Dr Keith Wolverson fait maintenant face à une enquête du Collège des médecins pour « discrimination ». Il veut quitter la profession, après 23 ans, dégoûté.

Enseigner l’Holocauste est devenu périlleux, voire impossible, vu l’hostilité de certains élèves musulmans qui associent nazis et Israéliens, explique le philosophe de l’Holocauste, Jean-François Bossy. L’antisémitisme musulman, un tabou, progresse, dissimulé derrière la cause palestinienne.

Ici, la manifestation d’Adil Charkaoui contre le projet de loi 21 a choqué. Plusieurs pensent qu’il représente la communauté musulmane, alors que c’est faux. Il augmente « l’islamophobie ». Il y a du travail de rapprochement à faire des deux côtés. Mais la rectitude politique impose l’immobilisme. Sinon, il faudrait admettre qu’un problème existe.