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60 ans de coupes pour le barbier des sportifs

60 ans de coupes pour le barbier des sportifs
STEVE MADDEN / AGENCE QMI

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Institution montréalaise de la coupe de cheveux connue pour être fréquentée par de grands noms du sport professionnel, le salon de barbier Chez Ménick a célébré ses 60 ans lundi soir.

Les traditionnels mots «Salut le grand. Prendrais-tu un petit café?» avec lesquels le célèbre barbier accueille habituellement chacun de ses clients n’ont pas résonné quand il a fait son entrée dans son salon de la rue Masson qui était rempli à craquer pour l’occasion.

Visiblement ému aux larmes par la surprise, Ménick, aussi connu comme le barbier des sportifs, a pris place au milieu de fidèles clients, amis, employés et membre de la famille afin d’écouter les témoignages qui avaient été préparés pour l’homme qui n’aime pas se faire fêter.

Parmi les quelque 140 personnes venues le saluer, on pouvait reconnaître les anciens du Canadien de Montréal Guy Lafleur, Gilles Lupien, Pierre Bouchard, Réjean Houle et Jean Perron ainsi que le promoteur de boxe, Régis Lévesque, et l’animateur radio à la retraite Pierre Maisonneuve.

«Je n’étais pas au courant parce que si j’avais su j’aurais annulé l’événement, mais ça l’aurait été une erreur, a dit en riant Domenico Perrazino, alias Ménick. C’est la première fois que je me fais fêter, mais je suis content. C’est à mon image, simple et dans mon salon.»

Ce dernier, qui ne se souvient plus de la date exacte de l’ouverture de son commerce, avait 18 ans et 400 $ en poche empruntés à des amis lorsqu’il a démarré son entreprise en mai 1959.

«Quand j’ai commencé, je ne travaillais qu’avec des hommes. Ça ressemblait plus à une taverne qu’un salon de coiffure, s’est remémorée Francine Trudeau, qui travaille au côté de Ménick depuis 42 ans.

60 ans de coupes pour le barbier des sportifs
STEVE MADDEN / AGENCE QMI

Authenticité et dévouement

Au fil des témoignages, durant la fête, les mots humain et authentique sont revenus à plusieurs reprises.

«Qu’on soit maire ou pas, Ménick nous traite tous de la même façon», a déclaré l’ex-maire de Montréal Denis Coderre qui a raconté que c’est Ménick qui l’a convaincu de se présenter au Stade olympique pour assister à un match des Blue Jays de Toronto qu’après sa défaite électorale aux mains de Valérie Plante.

Politiciens, sportifs, vedettes ou monsieur Tout-le-Monde, chaque personne qui entre dans ce salon au plancher décoré comme une patinoire de hockey qui ressemble à un véritable musée est accueillie avec le même égard selon plusieurs.

«La semaine dernière, il prit le temps de faire le tour du salon et a expliqué chaque photo accrochée sur les murs à des gens de Québec qui arrêtaient ici pour la première fois. Il est toujours disponible et énormément dévoué. C’est son secret», a expliqué Mme Trudeau.

Ménick a maintenant 78 ans. Il n’a jamais pris de vacances et ne travaille maintenant que cinq jours par semaine, mais ne lui parlez pas de retraite: «Je ne voudrais jamais lâcher. Ma vie, c’est ici».