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Acheter un condo sans y laisser sa chemise

Acheter un condo sans y laisser sa chemise
Illustration Adobe Stock

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Un lecteur, qui souhaite devenir propriétaire, hésite entre faire l’acquisition d’une maison ou d’une copropriété. Sa préoccupation : choisir l’option qui lui siphonnera le moins d’argent.

Voici trois questions qu’il devra poser pour choisir l’option la moins dispendieuse.

1. Aurai-je à revendre rapidement ?

Les aléas de la vie (séparation, décès, nouveau travail...) feront peut-être en sorte que notre lecteur devra un jour revendre rapidement sa propriété. En pareil cas, plus le délai sera long, plus cela lui coûtera cher.

Le tableau suivant compare le délai de vente (en jours) des maisons unifamiliales versus celui des copropriétés au mois de mars 2019. Ce qui ressort comme règle générale, c’est qu’une maison unifamiliale se vend plus rapidement qu’une copropriété.

Délai de vente des unifamiliales (jours)

  • Province de Québec : 98
  • RM Montréal : 69
  • RM Québec : 116
  • RM Gatineau : 66

Délai de vente des copropriétés

  • Province de Québec : 94
  • RM Montréal : 78
  • RM Québec : 174
  • RM Gatineau : 99

2. Que couvrent les frais de condo ?

En copropriété, les frais de condo (frais de copropriété) couvrent l’ensemble des dépenses partagées par les copropriétaires. Toutefois, l’étendue de ces dépenses peut varier d’un immeuble ou d’un complexe à l’autre. Avant d’acheter une unité de copropriété, il est donc important de vérifier ce que couvrent ces frais.

Par exemple, dans le cas d’une maison de ville régie par un syndic de copropriété, les frais d’entretien du gazon, la taille des haies et le déneigement pourraient être à la charge du syndic. Toutefois, chaque propriétaire pourrait être responsable des travaux de réfection de sa partie privative (toiture, façade, etc.).

3. Le fonds de prévoyance est-il suffisamment garni ?

Si notre lecteur achète une maison, il sera le seul maître de son fonds de prévoyance. Dans le cas d’une copropriété, c’est le syndic des copropriétaires qui gérera le tout. Si le fonds de prévoyance n’est pas suffisamment élevé pour faire face aux réparations majeures et aux imprévus, cela aura tôt ou tard une répercussion sur la qualité de l’immeuble, et donc sur sa valeur.

S’il opte pour la copropriété, notre lecteur aura donc tout intérêt à s’intéresser de près à la gestion des dépenses communes. Minimalement, il devrait assister à l’assemblée annuelle des copropriétaires.

Actuellement, le Code civil prévoit qu’au moins 5 % des frais de copropriété soient versés dans le fond de prévoyance. Toutefois, la plupart des experts s’entendent pour dire que c’est insuffisant. Pour avoir l’heure juste, le syndic de copropriété devrait faire étudier le fonds de prévoyance par un expert, tels un architecte ou un ingénieur, accrédité par le Regroupement des gestionnaires de copropriété du Québec (RGCQ).


► Ghislain Larochelle est un professionnel inscrit à l’Ordre des ingénieurs du Québec ainsi qu’à l’OACIQ.

 

Conseils

  • Gardez en tête que dans de nombreux cas, les frais de copropriétés sont insuffisamment élevés.
  • Afin d’attirer la clientèle, certains promoteurs minimisent les frais de copropriété. Cela peut paraître alléchant au début, mais tôt ou tard, ces frais devront être rehaussés pour assurer le bon entretien de l’immeuble.
  • Avant d’acheter une copropriété, vérifiez les derniers procès-verbaux de l’assemblée générale des copropriétaires. Cela vous permettra de vérifier la qualité de la gestion mise en place par les administrateurs. Dans le doute, consultez un expert.