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La laïcité de gyproc

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Les détracteurs du projet de loi 21 sur la laïcité accusent souvent le gouvernement Legault de prêcher par le populisme dans ce dossier.

Vertu d’un bord et populisme de l’autre ? Pas tellement !

La « laïcité ouverte »

Ceux-ci opposeront au PL21 le concept de « laïcité ouverte », selon lequel les institutions sont laïques pour autant que l’on décroche les signes religieux des murs.

En somme, on peinture les murs et tant que les panneaux de gyproc sont laïcs, l’État est laïc. Ainsi, on pourrait se trouver dans une école primaire publique où les murs seraient « laïcs », mais où toutes les enseignantes porteraient un signe religieux.

Entendre le député Sol Zanetti défendre cette patente-là lors des consultations sur le PL21 avait quelque chose de loufoque, lui qui arguait exactement le contraire dans le temps de la Charte du PQ : « Faut aller plus loin que Bouchard-Taylor, faut interdire aux enseignants de l’école publique de porter des signes religieux »...

« Juste un bout de tissu »

Pour que tienne ce concept de « laïcité ouverte », il faut adhérer à la thèse que les signes religieux comme le turban, le voile ou la bonnette ne sont que « des bouts de tissus ».

Dans son ouvrage Combattre le voilement, l’auteure Fatiha Boudjahlat répond à ces supputations concernant la non-signification des signes religieux dans un espace laïc :

« Il n’y a pas d’inégalité quand le non-accès à une ressource ou à une opportunité découle de l’adhésion à une pratique orthodoxe, adhésion qui reste volontaire, sauf à faire de ladite religion une ethnie ou à en faire une obligation.

« On ne peut pas hurler à l’injustice ou à la discrimination quand le degré d’orthodoxie pour lequel on a opté réduit le champ des opportunités. »

La laïcité de gyproc, la banalisation des signes religieux procèdent aussi d’un populisme ; lequel vise, essentiellement, les opposants au PL21.