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Les idées avant l’image

Monia Chokri a vécu une grande joie au Festival de Cannes

Moins d’une semaine après son retour de la Croisette, Monia Chokri avait rendez-vous avec les cinéphiles de son patelin de Québec, lundi soir, pour la première de La femme de mon frère, au Cinéma Le Clap.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Moins d’une semaine après son retour de la Croisette, Monia Chokri avait rendez-vous avec les cinéphiles de son patelin de Québec, lundi soir, pour la première de La femme de mon frère, au Cinéma Le Clap.

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Le tapis rouge, les photographes, les robes de soirée, c’est cool. Mais ce que Monia Chokri retient de sa première présence au Festival de Cannes à titre de réalisatrice, c’est le bonheur de voir les gens s’intéresser à elle pour ses idées.

« Ça me remplit d’une grande joie. Je me sens plus en confiance par rapport à ce que j’ai à dire et à transmettre [plutôt] que d’être là uniquement pour mon image », a confié la cinéaste avant de présenter son film La femme de mon frère, lundi soir, à Québec.

En 2010, Monia Chokri avait découvert l’ambiance folle qui règne sur la Croisette durant le festival en tant qu’actrice jouant dans le film Les amours imaginaires, de son ami Xavier Dolan. « À Cannes, les actrices sont là pour l’image et la beauté », dit-elle.

Un coup de pouce

De retour dans la section Un certain regard, neuf ans plus tard, elle a vu une différence dans le regard que les gens posaient sur elle.

« Tout d’un coup, ajoute-t-elle, je fais partie des 40 auteurs qui sont en sélection et se rencontrent pour la même passion. Quand Thierry Frémaux me présente à Jim Jarmusch en disant que je suis une jeune cinéaste et que celui-ci me répond qu’il a envie de voir mon film, c’est super valorisant. »

De retour de la Côte d’Azur depuis mercredi, Chokri n’a pas eu beaucoup de temps pour se reposer. Les entrevues s’enchaînent, les premières aussi, sans compter sa présence au gala Québec Cinéma.

Elle ne s’en plaint pas, bien au contraire, et se dit que sa présence à Cannes, qui s’est conclue avec un prix coup de cœur du jury, ne peut qu’avoir du bon en vue de la sortie en salles de son film.

« Ce qui me rend le plus heureuse avec tout ce qui entoure Cannes et la médiatisation, c’est que ça va peut-être donner envie à un spectateur de plus de voir le film », confie-t-elle.

Une fille de Québec

Incidemment, Monia Chokri est devenue la deuxième réalisatrice originaire de Québec admise dans la convoitée sélection officielle de Cannes, après Chloé Robichaud, en 2013.

La jeune femme se souvient que c’est ici, avec le groupe d’amis de son frère aîné, qu’elle a découvert les grands noms du cinéma.

« C’était un groupe d’intellos qui faisaient du cinéma. Ils m’ont ouvert l’esprit. C’étaient des gars plus vieux que moi qui m’impressionnaient et que je trouvais beaux. C’était une bonne motivation pour regarder des Tarkovski. »

Avec tout ce qui lui arrive, gageons que c’est maintenant Monia Chokri qui impressionne les jeunes.

La femme de mon frère, qui met en vedette Anne-Élisabeth Bossé, Patrick Hivon et Évelyne Brochu, prend l’affiche vendredi.