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L’ex-coach Bertrand Charest conteste sa condamnation

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L’ancien entraîneur de ski Bertrand Charest n’est pas un gourou qui soumettait ses jeunes athlètes à ses « caprices sexuels », a affirmé mardi son avocat tout en déplorant que son client n’ait pas eu droit à un procès juste et équitable.

« Il ne faut pas regarder la cause comme s’il était un Charles Manson ou un Jim Jones [deux célèbres gourous américains] », a plaidé le criminaliste Louis Belleau.

D’ici la fin des audiences jeudi, le réputé avocat tentera de convaincre le plus haut tribunal de la province que l’instructeur de ski déchu n’aurait jamais dû être déclaré coupable d’une kyrielle de crimes sexuels remontant aux années 1990. À l’époque, il entraînait les équipes nationales juniors féminines et laurentiennes.

Enceinte

Il avait toutefois profité de son statut de coach d’élite pour agresser sexuellement les adolescentes sous sa responsabilité. Il a eu des relations sexuelles avec quatre d’entre elles, dont une qui est tombée enceinte.

C’est Charest lui-même qui l’avait emmenée se faire avorter. Il maintient toutefois qu’il n’y a pas de preuve laissant croire qu’il est responsable de cette grossesse.

Au terme de son procès, il y a deux ans, il avait été déclaré coupable de 37 accusations sur 57, ce qui lui avait valu 12 ans de pénitencier. Le hic, selon l’avocat, c’est que le juge de première instance aurait mal fait son travail.

« Il y a eu des dysfonctionnements au point où M. Charest n’a pas été jugé selon la loi : des règles tellement élémentaires ont été contournées ou ignorées », a déploré Me Belleau mardi.

Nouvelle-Zélande

Il a donné en exemple une condamnation pour un crime sexuel commis en Nouvelle-Zélande... Même si le Québec n’a pas juridiction sur les crimes commis là-bas.

Dans d’autres cas, Charest a été déclaré coupable de contacts sexuels sur des mineures alors que l’âge des plaignantes au moment des infractions n’a jamais été établi.

« La poursuite ne pouvait pas l’ignorer », a rappelé Me Belleau. Lors du processus d’appel, la Couronne avait d’ailleurs concédé que Charest n’aurait jamais dû être déclaré coupable de près de la moitié des accusations, même si cela ne change rien au nombre de victimes.

La poursuite croit que malgré tout, la peine devrait être maintenue, tandis que Charest espère ne plus retourner au pénitencier et être totalement libre.

Les juges de la Cour d’appel ont pris l’affaire en délibéré.