/news/education
Navigation

Enfants en difficulté: le ministre Jean-François Roberge promet 850 nouveaux enseignants et professionnels

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
Photo Simon Clark Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

Coup d'oeil sur cet article

Le ministre de l’Éducation a annoncé mardi l’ajout de 70 M$ supplémentaires par année pour embaucher 850 nouveaux enseignants et professionnels. 

De ce montant, 47 millions$ iront à l’embauche de 650 professionnels (orthophonistes, psychoéducateurs, psychologues, etc.) pour venir en aide aux enfants en difficulté. Une autre somme de 20 millions$ sera consacrée à l’ajout de classes spécialisées, tandis que 3 millions$ serviront à créer des cliniques mobiles de services professionnels.  

«Comme on dit: Gardez espoir, la cavalerie s'en vient», a lancé le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, en point de presse.  

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
Photo Simon Clark

Québec compte notamment aller chercher ces professionnels dans le réseau privé, en rendant les postes dans les écoles publiques plus attrayants. «Ça permet aux commissions scolaires de ne pas juste ouvrir des postes qui seront précaires, mais de donner aussi des permanences. Je pense qu'on réunit toutes les conditions pour ramener des gens dans le réseau public», explique Jean-François Roberge.  

Quant aux conditions salariales des professionnels du réseau public, le ministre Roberge précise que «ça fera l'objet de la négociation en 2020».  

  • ÉCOUTEZ la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du bureau parlementaire au Journal de Montréal et au Journal de Québec, à QUB Radio:

L’annonce de mardi ne contient de pas de nouvelles sommes par rapport à celles annoncées au budget du printemps dernier. «Ce qu'on vient préciser aujourd'hui, c'est la ventilation, la façon dont l'argent sera réparti», précise M. Roberge.    

Par ailleurs, malgré les importants chantiers qui s’accumulent en éducation – dont l'élargissement de la maternelle 4 ans pour tous –, Jean-François Roberge assure que la transformation des commissions scolaires en centres de services n’est pas mise en veilleuse. «À l'automne, il y aura un projet de loi sur la gouvernance», assure le ministre.  

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Comment pourvoir les postes? 

La critique libérale en matière d’éducation, Marwah Rizqy, a salué l’annonce, mais se questionne sur la capacité du gouvernement à pourvoir les 850 postes tout en réduisant le nombre d’immigrants, tel que promis. «On veut des psychologues, on veut des psychoéducateurs, mais il faut en former davantage. Lorsqu’on veut réduire le nombre d’immigrants, [alors qu’on] n’arrive pas en ce moment à trouver et à pourvoir les postes actuels, ça va être très difficile de pouvoir engager des centaines de nouveaux professionnels», a-t-elle commenté.  

Son homologue de Québec solidaire, Christine Labrie, a déploré le «flou» entourant les objectifs du ministre. «Il parle de seuils de services, mais on ne sait toujours pas ça va être quoi le seuil : combien de professionnels pour combien d’enfants ?», dit-elle. De la même façon, le ministre n’a pas spécifié de cible pour offrir les services après le diagnostic, note-t-elle.  

Du côté du PQ, la critique Véronique Hivon souligne que les sommes annoncées mardi étaient déjà prévues dans le budget du printemps. «Il n’y a absolument rien de nouveau, ni en termes de sommes ni en termes de nombre de professionnels», dit-elle.  

«Selon les enseignants, c’est 2000 professionnels supplémentaires qu’on devrait accueillir dans nos écoles», affirme Mme Hivon.   

À la Fédération des commissions scolaires, on se demande comment on arrivera à recruter tous ces professionnels en quelques mois seulement. «Le défi est énorme, énorme», a laissé tomber son président, Alain Fortier. 

Il sera difficile d'embaucher du personnel supplémentaire tant que les conditions de travail ne seront pas bonifiées, a-t-il souligné. 

 Avec la collaboration de Daphnée Dion-Viens