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Selon une administratrice de Vivre en ville, Montréal gagnerait à densifier son centre-ville

Selon une administratrice de Vivre en ville, Montréal gagnerait à densifier son centre-ville
Camille Dauphinais-Pelletier / 24h / AGENCE QMI

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Montréal devrait développer des immeubles à logements en hauteur autour de ses stations de métro, tout particulièrement aux abords du centre-ville, selon une administratrice de Vivre en ville, un organisme voué au développement de collectivités urbaines.

Laurence Vincent, qui est aussi coprésidente du promoteur immobilier Groupe Prével, est bien consciente que la densification est un «mot qui fait peur», puisque le concept implique de faire vivre plus de gens dans un même espace urbain, ce qui ne l’empêche pas de livrer un plaidoyer en sa faveur.

«Il y a pourtant beaucoup d’avantages à la densification. C’est intéressant, une vie de quartier dynamique, dans laquelle on n’a pas besoin d’avoir une voiture, où on peut fréquenter des commerces de quartier... mais pour ça, il faut une masse critique», explique-t-elle.

Laurence Vincent, membre du conseil d'administration de Vivre en ville et coprésidente du Groupe Prével.
Camille Dauphinais-Pelletier / 24h / AGENCE QMI
Laurence Vincent, membre du conseil d'administration de Vivre en ville et coprésidente du Groupe Prével.

Plus de projets d’envergure

Selon Mme Vincent, toutes les zones bien desservies par le transport en commun devraient faire l’objet de plus de projets immobiliers d’envergure. «Il faut en profiter plus qu’on le fait là. Aux pourtours du centre-ville, on construit du huit étages. Il me semble que, dans 20 ans, on va s’en mordre les doigts», mentionne-t-elle.

Mme Vincent donne en exemple le secteur autour de la station de métro Papineau, à deux arrêts seulement de la station Berri-UQAM, où le Groupe Prével vient d’acheter un terrain. «La rue Sainte-Catherine à cet endroit-là, ce n’est pas la place où il y a le plus de vitalité, et on voit que les commerces ont de la misère à survivre. Amenons une masse critique, beaucoup de gens à cet endroit», suggère-t-elle, mentionnant qu’il en est de même pour plusieurs stations sur l’île.

«C’est sûr que l’embourgeoisement existe, et il faut le mitiger avec du logement social. Mais avec la stratégie d’inclusion, le fait d’amener plus de logements entraîne plus de logements sociaux», souligne-t-elle.

Bien densifier

La phrase d’accroche du dernier colloque de Vivre en ville, «Oui, dans ma cour», soulignait que la densification implique qu’on doive accepter que de nouveaux ensembles résidentiels se fassent à proximité de chez soi.

«Je comprends que, quand on dit aux gens qu’on va construire dans leur cour du 12, du 15 ou du 20 étages, ils réagissent», a dit Mme Vincent après avoir fait une présentation à ce sujet lors du colloque. «Mais c’est en densifiant une ville qu’on permet à un plus grand nombre de gens de se l’approprier.»

Pour que la densification soit agréable à vivre, il faut toutefois la planifier en tenant compte de l’expérience piétonne, insiste Mme Vincent. Les immeubles en hauteur n’ont pas à être placés directement en bordure de rue, comme on le voit sur le boulevard René-Lévesque.

«On peut par exemple avoir en bord de rue une volumétrie qui ressemble à notre ville actuelle, comme des bâtiments de trois étages, avec des commerces animés dans les étages inférieurs. Après, plus en retrait, on amène de la hauteur, avec des bâtiments plus sobres», explique-t-elle.

«Parce que même si on aime beaucoup ça, on ne peut pas construire toute une ville en triplex. Mais il y a moyen d’aller chercher les choses qu’on aime d’un triplex, et les incorporer dans un projet d’ensemble», dit celle qui voit mal comment on peut être à la fois pour la protection de l’environnement et contre la densification, surtout dans le contexte d’une augmentation de la population montréalaise.