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«Au-delà des échos» à PY1: un voyage humaniste et écologiste

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MONTRÉAL | L’intrigante pyramide PY1, qui s’est installée depuis quelques semaines dans le Vieux-Port de Montréal, a dévoilé tous ses mystères, mercredi soir, avec la première médiatique de la fresque onirique multimédia Au-delà des échos, produit par Lune Rouge, la nouvelle compagnie de Guy Laliberté. 

Dès l’entrée dans la pyramide, on découvre une immense sphère trônant au milieu de la salle. Les spectateurs sont invités à prendre place sur quelques fauteuils disposés dans les coins, ou à s’installer confortablement sur un coussin au milieu de la place. Que le spectacle commence. 

Grâce aux projections à 360 degrés, on se retrouve entourés d’insignes religieux ou antiques en feu, au son d’une musique «new age» un peu datée. Lorsque retentit la voix du philosophe anglo-américain Alan Watts, on comprend davantage. Il s’agit d’une invitation à replonger dans notre enfance et dans la genèse de notre arrivée sur terre, remonter aux sources de l’humanité. 

La philosophie de Watts est très grandement inspirée par les théologies orientales, bouddhiste et zen, qui vont jusqu’à résumer l’existence humaine à son environnement. C’est d’ailleurs l’essence du propos de ce spectacle, qui nous invite à revisiter les grands principes de la création, nous replongeant dans le cosmos et les parcelles d’univers (clin d’œil au voyage dans l’espace de Guy Laliberté) à travers des formes et des symboles qui se croisent, s’entrecroisent, se bousculent et se disloquent. 

Les projections subliment plus tard la formation des civilisations, tout en évoquant les quatre éléments qui constituent l’univers (l’air, l’eau, le feu et la terre). 

Les images se succèdent et se fondent les unes aux autres sur une trame sonore qui fait autant appel à des chants autochtones, de la musique cosmique et aérienne, qu’à de la techno hardcore ou des musiques plus planantes, faisant référence au meilleur de Pink Floyd. 

En deçà des attentes 

Imaginé par Guy Laliberté et conçu par Gabriel Coutu-Dumont, Au-delà des échos déçoit notamment par son aspect technologique. À l’ère de la démocratisation des casques de réalité virtuelle, l’aspect immersif de la pyramide fait défaut. Les jeux de lumière et de laser apparaissent également désuets, sachant qu’on peut aujourd’hui faire beaucoup plus et mieux. 

Si on suit aisément le propos d’Alan Watts, dont la narration est uniquement présentée en anglais avec des sous-titres en français, il manque toutefois un élément auquel les spectateurs pourraient se raccrocher, une présence humaine ou du moins un fil d’Ariane qui permettrait de suivre le déroulement du voyage. 

Reste la force du dernier tableau, sorte de jardin d’Éden où la nature a repris ses droits, sans aucune présence humaine, accompagné d’une magnifique version de la pièce «Imagine» de John Lennon. Le message humaniste et écologiste du spectacle est bien compris.