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Entre infaillibilité et fiabilité

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Le recours à l’opinion d’experts est répandu dans les médias et les officines ministérielles pour expliquer ou justifier certaines tendances. Cependant, les consultations publiques sur l’universalisation des maternelles 4 ans démontrent les limites du procédé avec des résultats de recherche qui s’opposent ou se nuancent.

Modes, croyances et traditions

L’exercice est d’autant plus périlleux qu’il devient parfois difficile de distinguer dans le propos des chercheurs les contenus qui relèvent du fruit de leurs recherches de ceux qui réfèrent à leurs convictions personnelles. L’opinion devient encore plus discutable lorsqu’elle ne découle pas de méta-analyses qui sont des sources fiables pour obtenir des données probantes.

Les enfants italiens et français fréquentent la maternelle dès l’âge de trois ans et s’il reste des places disponibles, ceux de deux ans peuvent y être admis. En Finlande, c’est à six ans que l’enfant fréquente le préscolaire avant d’accéder à l’école fondamentale à sept ans. La Finlande diplôme plus et mieux que les Italiens et les Français ; peut-on pour autant présumer qu’en commençant l’école plus tard, nous réussirons mieux ? Évidemment pas.

Il faut prendre en considération de multiples facteurs.

Raison d’État

La maternelle 4 ans n’est pas la panacée à tous les maux et ne solutionnera pas comme par magie toutes les difficultés d’apprentissage. Toutefois, son universalisation n’augure pas la catastrophe appréhendée par certains. La proposition du ministre Roberge est essentiellement politique, mais la multiplication de ces classes ne suffira pas à endiguer la prolifération d’enfants en difficulté.

Certains chercheurs se réfèrent effectivement au nombre d’élèves en difficulté, qui a plus que doublé au cours des deux dernières décennies, pour appuyer les intentions du ministre. Ils omettent malheureusement une nécessaire révision du programme de formation de l’école québécoise qui constitue la première source de cette importante dégradation.

En choisissant leur chercheur accommodant, les ministères optent trop souvent pour la perpétuation des tracas !