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Grand Prix du Canada: le week-end de la F1 pollue autant que 11 000 voitures

Chaque événement générerait environ 40 000 tonnes d’émissions de CO2

Grand Prix du Canada: le week-end de la F1 pollue autant que 11 000 voitures
Photo d'archives, Ben Pelosse

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Un seul week-end de Formule 1 comme celui sur le circuit Gilles-Villeneuve à Montréal produirait environ autant d’émissions polluantes que 11 000 voitures sur les routes pendant une année. 

«C’est un des pires exemples de surconsommation et d’activités démesurées, à l’opposé de ce qu’on pourrait qualifier d’un événement vert», déplore Patrick Bonin, de l’organisme Greenpeace. 

Selon une étude de la défunte Formula One Teams Association en 2010, les écuries émettent plus de 215 000 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) en une saison. 

En divisant ce nombre par les 21 courses au calendrier actuel de la Formule 1, et en ajoutant l’apport des touristes, il est possible d’évaluer l’impact écologique de l’événement à près de 40 000 tonnes de CO2

165 000 arbres 

En plus, l’arrivée d’environ 90 000 spectateurs, dont la moitié provient de l’extérieur du Québec, produira à elle seule environ 28 000 tonnes de CO2, selon Simon Saey, de l’organisme Compensation CO2

L’expert en environnement estime qu’il faudrait planter près de 165 000 arbres pour compenser ces émissions. 

«On parle d’une manifestation sportive où l’on brûle de l’essence», fait valoir Jean-François Ménard, analyste au Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG). Mais il réitère que tous les grands événements produisent des gaz à effet de serre. 

Urgence climatique 

Même si 20 pilotes rouleront chacun 305 km en boucle, il rappelle qu’«il y a facilement 300 véhicules qui vont parcourir 20 km chez les spectateurs». 

«C’est infinitésimal les émissions liées à la course en tant que telle, comparativement à l’ensemble de l’impact qu’a la Formule 1 au niveau environnemental dans un contexte d’urgence climatique», souffle à son tour M. Bonin. 

La course de dimanche à elle seule n’émettrait qu’environ 7 tonnes de CO2, selon M. Saey. 

Il se base sur le nombre de pilotes, la distance parcourue et le carburant brûlé. 

«C’est la pointe de l’iceberg», dit-il. 

D’ailleurs, selon l’étude produite par les écuries, les courses ne représentent que 0,3 % des émissions totales de CO2 du sport. 

La moitié des émissions des équipes de F1 proviennent de la production de matériaux rares et des pièces de véhicules. Le transport entre les courses, par navire ou par avion, produirait à lui seul un peu plus de 17 000 tonnes d’émissions. 

Moteurs hybrides 

Pour sa part, la Formule 1 dit avoir réduit ses émissions avec l’arrivée des moteurs hybrides en 2014. 

L’organisation du Grand Prix du Canada fait quant à elle valoir que la nourriture en trop servie dans les loges sera remise à la Tablée des chefs. L’an dernier, la nourriture en trop donnée à la Maison du Père, un refuge pour sans-abri, a permis de servir 5000 repas, selon la porte-parole Sandrine Garneau-Le Bel. 

Le Grand Prix espère composter une partie des déchets sur son site d’ici l’an prochain. 

Quelques chiffres 

 215 588 tonnes 

 C’est environ la quantité de CO2 produit par les écuries de Formule 1 par saison, pour les courses, le transport, les matériaux et l’électricité. 

 93 000 spectateurs 

 Leur arrivée au Grand Prix à Montréal, dont la moitié vient de l’étranger, sera responsable d’environ 28 000 tonnes de CO2

 110 kg de carburant 

 Il s’agit de la quantité utilisée par chaque voiture des 20 pilotes qui parcourront 305 km sur la piste lors de la course de dimanche, qui émettra environ sept tonnes de CO2

Source : Formula One Teams Association et Compensation CO2 (2010) et groupe Octane 

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