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Ils quittent le Québec pour devenir chocolatiers sur le bord de la mer au Costa Rica

Martin Latreille (à gauche) et Nelson Rouleau
Courtoisie Martin Latreille (à gauche) et Nelson Rouleau

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Troquer les cubicules gris pour les plages paradisiaques du Costa Rica. C’est l’objectif que se sont donné Martin Latreille et Nelson Rouleau en laissant tout derrière il y a quelques années pour démarrer leur entreprise dans un petit village côtier de l’Amérique centrale.

À la base une boutique, Cho.co vise à promouvoir le chocolat artisanal local. «On s’est associés avec 9 producteurs des environs qui cultivent les cacaoyers et transforment les fèves en chocolat», explique Martin Latreille, cofondateur de l’entreprise. Le produit final est ensuite vendu au commerce des deux Québécois.

Martin Latreille (à gauche) et Nelson Rouleau
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Les clients de Cho.co peuvent également se laisser tenter par des combinaisons d’alcools locaux qui vont de pair avec le chocolat.

Martin Latreille (à gauche) et Nelson Rouleau
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De la vie de bureau à entrepreneurs sous les tropiques

Gestionnaire d’un centre d’appel pour une compagnie de télécommunication, Martin a pris un virage à 180 degrés il y a six ans.

«Ça faisait 14 ans que je travaillais là et la prochaine étape était de prendre le poste de mon boss. J’ai réalisé que je ne voulais pas du tout aller dans cette direction».

Même son de cloche pour Nelson, alors designer graphique. Le Bas-du-Fleuvien ne se sentait pas particulièrement attaché à Montréal et était avide de nouveaux défis.

«J’ai lu un article sur l’histoire de Québécois partis s’établir au Costa Rica pour démarrer une business et ça m’a donné envie d’explorer ce pays. Le voyage s’est plutôt transformé en remaniement de vie majeur», explique Martin en riant.

Nelson Rouleau (à gauche) et Martin Latreille
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Nelson Rouleau (à gauche) et Martin Latreille

 

Du rêve à la réalité

Suite à un périple de 6 mois en Amérique latine, le couple a finalement tout vendu ses avoirs et choisi Puerto Viejo de Talamanca, une bucolique bourgade prisée des surfeurs, pour entamer un nouveau départ.

La plage Cocles, située à quelques pas de Cho.co
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La plage Cocles, située à quelques pas de Cho.co

«On brainstormait tous les soirs, verre de rhum en main, sur des idées d’entreprise. C’est après une visite guidée d’une plantation de cacaoyer qu’on a eu l’idée de Cho.co», poursuit le cofondateur.

«Notre guide nous a parlé d’une augmentation de fabricants de chocolat dans la région, mais en découvrant Puerto Viejo, on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas vraiment de business basée là-dessus. On a donc vu une opportunité d’affaires».

Le couple est retourné voir le guide pour lui demander les contacts de producteurs afin d’avoir une liste de fournisseurs pour leur premier projet entrepreneurial.

De fil en aiguille, les amoureux ont trouvé une maison pour se loger, un local pour établir leur commerce et engagé trois employés costaricains.

Les trois employées de Cho.co. Cherry Brown (à gauche), Andreas Cordero et Priscilla Quiros
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Les trois employées de Cho.co. Cherry Brown (à gauche), Andreas Cordero et Priscilla Quiros

Premier challenge de taille pour eux: la barrière de la langue. «Avant le voyage, on ne parlait pas espagnol. On a suivi un cours intensif d’un mois en Équateur pour apprendre les bases», explique Martin.

Pour peaufiner leurs aptitudes, le couple a demandé aux employés de s’adresser à eux en espagnol et de les corriger lorsqu’ils faisaient des erreurs. «On est pas parfaits, mais on s’en vient pas pire!»

En ce qui a trait aux démarches administratives, le couple n’a pas rencontré trop d’embûches.

«C’est un pays super friendly pour les investissements étrangers. Pas mal n’importe quel touriste peut lancer son entreprise sans trop de problèmes», confie l’homme d’affaires.

Martin Latreille (à gauche) et Nelson Rouleau
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Travailler en couple a également été un défi selon lui. «On est complémentaires. Nelson a un côté artistique plus développé donc il gère le site Web et le branding de Cho.co. Pour ma part, je m’occupe de tout ce qui est finance et administration. Par contre, on a découvert qu’être sur le plancher en même temps n’est peut-être pas la meilleure idée», avoue Martin en ricanant.

Par exemple, la préparation du café, processus très important pour Martin, «coffee snob» assumé, peut mener à de petites escarmouches entre les partenaires si elle n’est pas respectée.

Habituellement, c’est lui qui ouvre la boutique le matin tandis que Nelson répond aux courriels de la maison. En après-midi, les rôles s’échangent. 

«Même si on a parfois des grosses journées, je me fais un devoir d’aller faire mon jogging sur la plage tous les matins. C’est pas vrai qu’on a déménagé dans un pays aussi beau pour ne pas en profiter!».

D’ailleurs, les Québécois retournent dans leur province d’origine que quelques mois l’été. «Oui, c’est dur d’être loin de nos proches, mais on aime mieux passer Noël les deux pieds dans le sable que dans la gadoue», avoue Martin.

Cho.co est ouvert 5 jours par semaine. Une journée off sur deux est vouée à explorer les richesses de la nouvelle terre d’accueil, notamment en visitant des parcs nationaux ou des plages désertiques. L’autre journée est dédiée au travail. 

Depuis l’ouverture de leur commerce en décembre 2017, Martin et Nelson ont accueilli plus de 9000 clients friands d’expériences gastronomiques.

Martin Latreille (à gauche) et Nelson Rouleau
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Un investissement qui en vaut le coût

Pour se lancer en affaires, le couple estime avoir investi plus de 50 000$. «Les dépenses s’accumulent très vite. On a acheté une bonne machine à café, un système de bière en fût provenant des États-Unis et on doit importer une partie de nos vins de l’autre côté du pays», explique Martin.

Tout cet argent provient directement des poches du couple. Martin a vendu ses actions et des immeubles dont il était le copropriétaire avec une amie pour s’assurer d’avoir un coussin financier. Nelson a quant à lui retiré des placements.

«On ne se verse pas de salaire actuellement. On surfe encore sur ce montant pour subvenir à nos besoins», confesse-t-il. Selon lui, Cho.co est juste assez rentable pour assurer un salaire aux trois employés. 

«Contrairement aux multinationales, on ne voulait pas faire 300% de profit sur la vente des produits pendant que les producteurs et les employés ne touchent que des miettes. On a donc établi une manière équitable de répartir les profits entre tous les partis impliqués dans le processus», précise le Lavallois.

La gérante Priscilla Quiros
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La gérante Priscilla Quiros

«Il faut dire que notre business est basée sur le tourisme saisonnier», amène l’entrepreneur. Pendant la haute saison, soit de Noël à Pâques, il prétend que les journées peuvent être de 10 à 15 fois plus profitables que lors de la saison morte selon l’achalandage.

Le futur reste assez incertain pour le couple. «On se concentre sur faire fleurir notre première succursale en ce moment. Par contre, on est deux voyageurs dans l’âme et on aime le concept de bâtir quelque chose ailleurs. L’Italie nous tente pas mal», admet-il.

Pour tous ceux qui souhaiteraient plonger dans l’entrepreneuriat à l’étranger, Martin offre un conseil.

«Foncez! Ça ne sert à rien d’attendre que tout soit parfait. Si vous avez un projet en tête, réalisez-le!»


Vous pouvez suivre les aventures de Martin et Nelson sur la page Facebook de Cho.co

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