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Québec ne s’entend pas avec... Québec

Les usagers de la navette fluviale écoperont

Navette fluviale
Photo Agence QMI, Zacharie Goudreault

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Deux agences gouvernementales n’ont pas réussi à s’entendre pour faciliter la vie des futurs usagers de la navette fluviale entre Pointe-aux-Trembles et le Vieux- Montréal. 

Il ne sera pas possible de transférer de l’autobus à la navette sans avoir à payer deux billets, faute d’accord entre la Société des traversiers du Québec (STQ), responsable du projet, et l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui gère les titres de transport, a appris notre Bureau d’enquête. 

Pourtant, le rapport sur le projet pilote de l’an dernier, rédigé par la Ville de Montréal, mentionnait clairement que le transfert gratuit vers l’autobus serait « un gros avantage » pour promouvoir ce nouveau mode de transport. 

Selon l’ARTM, il n’y a même pas eu de discussions officielles entre les deux entités pour éviter aux usagers d’acheter un second billet à 3,25 $. 

«Pour l’instant, la STQ n’a pas souhaité une intégration à la grille tarifaire. Il n’y a pas eu de demande [de leur part] en ce sens», rapporte le porte-parole de l’ARTM, Simon Charbonneau. 

La STQ, via son porte-parole Alexandre Lavoie, affirme pour sa part que les « discussions avancent ». « C’est notre objectif à long terme d’avoir le système [de carte à puce] Opus », soutient M. Lavoie, sans préciser d’échéancier. 

Congestion en vue ? 

Avec quelque 9000 déplacements anticipés par semaine, Pointe-aux-Trembles ne « peut pas accueillir en auto solo tout le monde qui vient prendre la navette », soutient la mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Caroline Bourgeois. 

«Le scénario idéal aurait été d’avoir tout de suite l’arrimage avec la carte Opus», avoue-t-elle. 

En attendant, son administration va débourser près de 26 000 $ pour aménager un stationnement de 60 places et ajouter des supports à vélo. 

Le conseil d’arrondissement a aussi voté hier pour l’implantation d’un système de vignettes afin de réserver aux riverains 30 % du stationnement des rues du secteur près du terminal. 

«L’an dernier, des citoyens avaient connu une période de congestion pendant la semaine d’essai», relate Caroline Bourgeois. 

Une station de vélos en libre-service BIXI a aussi été installée près du quai pour inciter les gens à laisser leur auto à la maison.  

► La navette fluviale sera gérée par l’entreprise privée Navark. Ce contrat coûtera 2 M$ par an à la Société des traversiers pour plus de 200 voyages par semaine.