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Selon une étude: le transport en commun peu alléchant

GEN-RETARDS-LANGELIER
Photo d'archives, Agence QMI

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MONTRÉAL – Il faudra ramer fort pour augmenter drastiquement l’utilisation du transport en commun dans la grande région de Montréal, où les gens souhaitent diminuer leur recours au transport collectif dans les prochaines années, suggèrent des données récoltées par la firme de recherche anglaise Kantar.

Dans un monde idéal, les personnes qui habitent à Montréal et dans les couronnes souhaiteraient utiliser beaucoup moins leur voiture individuelle, mais aussi diminuer leur utilisation du transport en commun. Elles aimeraient être capables de faire plus de déplacements en tant que passagers dans une voiture qui ne leur appartient pas, marcher davantage, faire plus de vélo et utiliser plus de taxis.

Même en tenant compte de ces changements, l’auto solo reste toutefois le mode de transport préféré des répondants, a-t-on pu apprendre lors du sommet sur la mobilité durable Movin’On, pendant une présentation des résultats préliminaires d’une étude sur les Montréalais et la mobilité, commandée par Transdev.

«Quand on travaille sur ces projections de mode de transport idéal, il y a évidemment une projection de l’expérience de l’usager qui est relativement importante, et là, on l’a vu à Montréal, l’expérience de l’usager sur le transport en commun est la moins bonne par rapport aux autres modes de transport. Donc, ça a tendance à faire baisser [les intentions d’utilisation]», a expliqué Guillaume Saint, l’un des directeurs de Kantar.

«Ce qui me semble important, c’est de se poser la question: comment on réenchante un petit peu, même si c’est compliqué, les expériences de transport en commun.»

Marielle Villamaux, directrice commerciale de Transdev, abonde dans le même sens et parle d’une «double responsabilité» des transporteurs et des sociétés publiques: mettre en valeur les raisons rationnelles qui existent pour prendre le transport en commun (notamment les coûts), et travailler sur l’imaginaire du transport public, comme fait Londres avec son métro.

Garder sa voiture

Les personnes qui possèdent des voitures n’ont pas l’intention de s’en départir. Seulement 1 % d’entre elles veulent s’en départir au cours de la prochaine année, une proportion qui augmente à peine à 1,5 % ou à 2 % à long terme.

Pourtant, seulement 45 % d’entre eux considèrent que les voitures sont complètement nécessaires, et 58 % estiment que c’est un cauchemar de se stationner au centre-ville. «On constate qu’avoir une voiture, ce n’est pas plaisant tous les jours, mais que les gens ne veulent pas la lâcher», a poursuivi M. Saint.

Un panel de 47 experts en transport participant avec Kantar à l’élaboration de l’étude prédit toutefois que cette proportion pourrait baisser à l’avenir, puisque les voitures sont moins liées au statut social chez les jeunes générations.

Selon eux, le facteur qui contribuera le plus à un éventuel renversement de tendance sera l’économie de partage, avec des plateformes qui permettent de partager voitures, vélos et autres modes de transport.

«Un élément fondamental qui est différent chez les milléniaux, c’est leur facilité à aborder l’économie de partage comme un mode fondateur de leur consommation», a expliqué M. Saint.

Quelque 600 personnes de la grande région de Montréal ont été sélectionnées et interrogées dans le cadre de ce sondage, que Kantar réalise dans 31 villes à travers le monde. Les résultats détaillés devraient être connus cet été.