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De tête et de cœur

Denise Boucher
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Denise Boucher

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La culture québécoise est d’une richesse infinie. Du théâtre à la chanson en passant par la littérature, la sculpture, la peinture, le cinéma et la poésie, nos artistes et nos œuvres inoubliables ne se comptent plus. Chaque année, la Soirée Hommage Québecor en fait la démonstration.

Il n’y a rien de « corpo » à le dire. Québecor contribue fortement au rayonnement de la culture québécoise et pour les prochaines générations, il en cultive la mémoire. Mardi soir, j’étais à la Soirée Hommage. Deux grandes artistes de tête et de cœur y étaient honorées : la poète Denise Boucher et la chanteuse Louise Forestier.

Courage

Quel courage il leur aura fallu – Denise Boucher est née dans les années 30 et Louise Forestier dans les années 40 – pour prendre le dur chemin de la liberté d’être et de créer. La plume prolifique de Denise Boucher comprend même certaines des plus grandes chansons d’ici, dont plusieurs de Gerry Boulet.

Louise Forestier
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Louise Forestier

Elle est aussi connue pour sa mythique pièce de théâtre féministe Les fées ont soif, créée en 1978. Elle s’était valu les foudres du clergé, du Conseil des arts et de leur troupeau de mangeux de balustre. Ils exigeaient carrément son annulation au Théâtre du Nouveau Monde (TNM).

Tenir tête

Denise Boucher leur a tenu tête. Idem pour le directeur du TNM, feu Jean-Louis Roux, et un public révolté, dont j’étais à 18 ans. Résultat : les censeurs ont échoué. La liberté a triomphé. Quarante ans plus tard, nous voilà aux antipodes. Pour ne pas faire controverse, on édulcore jusqu’à l’insignifiance.

La peur de déplaire est telle qu’il suffit d’une poignée de manifestants et de courriels haineux pour faire trembler des producteurs dans leurs bottes. C’est le triste sort qu’a subi la pièce SLAV de Robert Lepage. Pourtant, la liberté ne se négocie pas. Elle se prend. Merci, Denise Boucher et Louise Forestier, de nous le rappeler. Longue vie à vous deux.