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Débarquement de Normandie: «On avait peur, naturellement», raconte un vétéran québécois

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75 ans après les événements, les Alliés commémorent le plus grand débarquement de l’histoire. L’occasion d’accorder une pensée respectueuse non seulement à ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie, mais aussi à ceux qui ont survécu. 

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Le vétéran québécois de la Deuxième Guerre mondiale Pierre Gauthier avait 19 ans quand il s’est avancé sur les plages de Normandie, le 6 juin 1944, comme 21 000 autres Canadiens. 

«Je me rappelle avoir eu le mal de mer dans les petits bateaux qu’on a pris pour aller à la plage. On était tous de jeunes soldats et on vomissait, etc, et on avait peur, naturellement», a-t-il raconté, relatant ce dont il se souvient le plus clairement de cette expérience qui l’a marqué à vie. 

Il assure qu’ils avaient fait plusieurs exercices en Angleterre pour se préparer. «On savait pas mal à quoi on faisait face sur la plage», confirme-t-il, alors que leur «ouvrage principal», c’était de pénétrer à l’intérieur de la France. 

«Quand on a mis le pied sur la place, il fallait courir vers l’intérieur de la France et essayer d’éviter le feu des Allemands», se remémore M. Gauthier. L’objectif: quitter la place le plus vite possible, l’endroit où ils étaient les plus vulnérables. 

«Les Allemands tiraient sur nous, il a fallu courir aussi vite que possible et essayer de trouver les endroits où ils avaient construit des places pour tirer sur nous.» 

Les années passent, mais les souvenirs ne meurent pas. «C’est une chose qu’on n’oublie jamais, ça reste gravé dans notre cerveau, et puis on a des mauvais rêves, souvent, la nuit», indique l’homme qui a maintenant 94 ans. 

Heureusement, dans la noirceur, un peu de lumière brille. C’est lors de cette expérience qu’il a rencontré sa femme, en Angleterre, avant le débarquement. 

«Nous, les soldats canadiens, on allait dans les salles de danse quand on avait des périodes de repos, et on dansait avec les femmes», relate-t-il, indiquant se souvenir de ces moments avec beaucoup de plaisir. 

Ses souhaits pour l’avenir? «Il ne faudrait pas oublier ça, jamais». Il aimerait qu’on parle plus souvent de ce sacrifice que des milliers de jeunes Canadiens ont fait. Il invite d’ailleurs les gens à visiter les sites de commémoration, notamment les cimetières où reposent nos soldats qui ont fait l’ultime don.