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Le Débarquement de Normandie en chiffres, 75 ans plus tard

Le Débarquement de Normandie en chiffres, 75 ans plus tard
AFP

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PARIS | Le Débarquement allié du 6 juin 1944, au nom de code »Neptune», a été le plus grand débarquement de l’histoire en termes de navires engagés.  

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À la fin de la journée, plus de 200 000 hommes vont se trouver face à face. 

Alliés  

Effectifs 

156 177 hommes (5 divisions d’infanterie et 3 divisions aéroportées) sont débarqués le jour J, dont 10 470 seront tués, blessés ou disparus, selon les chiffres du Mémorial de Caen. 

Par mer, environ 133 000 hommes:  

- 58 000 Américains sur les plages Utah et Omaha  

- 54 000 Britanniques sur Gold et Sword  

- 21 000 Canadiens sur Juno 

- 177 Français débarquent aussi sur Sword. 

Par air, 23 000 hommes:  

- 13 000 parachutistes américains sont largués sur Utah et 10 000 Britanniques entre l’Orne et la Dives. 

Aviation  

Pendant la seule journée du 6 juin, 11 500 appareils (dont 3500 planeurs de transport, 5000 chasseurs et 3000 bombardiers) survolent les plages normandes et déversent 11 912 tonnes de bombes sur les défenses côtières allemandes. 

Les pertes seront faibles: 127 avions perdus et 63 endommagés. 

Marine  

L’opération «Neptune» engage 6939 navires et la force de débarquement proprement dite comprend 4126 navires et barges constitués en 47 convois. Une partie des transports (les LCA, Landing craft assault) accompliront la traversée à bord de bateaux plus puissants pour n’être mis à la mer qu’au large de l’une de leurs 5 plages de débarquement. 

Les autres types de péniches traverseront la Manche par leurs propres moyens, notamment: les LCI (Landing craft infantry), petits transports de troupes, les LCT (Landing craft tanks) qui transportent des chars et des véhicules, les LCVP (Landing craft vehicle personal), les LST (Landing ship tanks), ainsi que les fameux «ducks» (canards), engins amphibies propulsés par une hélice. 

20 000 véhicules et un millier de chars ont ainsi été transportés. 

La flotte logistique compte 736 navires auxiliaires et 864 navires marchands pour le transport de vivres, munitions et les hôpitaux flottants. Parmi les navires marchands, 54 blockships seront coulés pour former des rades artificielles. 

L’escadre de combat totalise 137 navires de guerre dont 7 cuirassés, une vingtaine de croiseurs, 221 destroyers, frégates, corvettes, 495 vedettes, 58 chasseurs de sous-marins, 287 dragueurs de mines, 4 poseurs de mines, 2 sous-marins. 

Forces allemandes  

Effectifs: un peu moins de 150 000 hommes de la 7e armée sont stationnés en Normandie et environ 50 000 dans la zone de débarquement: 

À proximité des plages, une seule division blindée, la 21e, au sud-est de Caen, et 6 divisions d’infanterie. 

Deux autres divisions blindées, la 12e SS (Hitler-Jugend) et la division Panzer-Lehr, sont respectivement près d’Evreux et vers Alençon-Le Mans. 

Trois autres divisions - 1ère SS, 2e et 16e - se tiennent au nord de la Seine, aux environs de Mons, Péronne et Senlis. 

Aviation  

Une bonne partie des appareils vient d’être envoyée sur le front est. Restent quelques dizaines de bombardiers et chasseurs. 

Marine  

30 vedettes, 4 destroyers, 9 torpilleurs, 35 sous-marins. 

Pendant qu’Hitler dort... 

Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en force et par surprise sur les plages de Normandie en France alors que les Allemands les attendent beaucoup plus au nord, dans le département du Pas-de-Calais.  

5 juin, 22H00 

À Londres, le général Dwight Eisenhower, commandant en chef des forces alliées, assiste, grave, à l’embarquement des parachutistes au visage noirci. 45 minutes auparavant, Radio Londres a alerté la résistance française du lancement de l’opération en diffusant un extrait d’un poème de Verlaine: «Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon coeur d’une langueur monotone...» 

6 juin 00H05 

La lune est presque pleine quand plus de 5000 tonnes de bombes sont lâchées par les avions alliés sur les batteries allemandes le long de la côte. 

00H15 

Un millier de planeurs atterrissent pour décharger hommes et matériel. Certains s’empalent sur les pieux que Rommel a fait dresser sur les plages ou s’enlisent dans les marais. Les Alliés parviennent toutefois à prendre dans la petite commune de Bénouville le contrôle d’un pont stratégique, «Pegasus bridge», près du café Gondrée, souvent cité comme la première maison libérée de France. 

00H50 à 2H30  

Des milliers de parachutistes anglais et américains sont largués sur les côtes normandes. À Sainte-Mère-Eglise, l’un d’eux passera la nuit suspendu au clocher de l’église. 

En moins de six heures, quelque 23 000 hommes parviennent à tenir les voies de communication vers les plages du débarquement. 

01H15 

Des unités allemandes sont mises en alerte, mais le maréchal Erwin Rommel, rentré en Allemagne pour l’anniversaire de sa femme, dort. Il ne sera prévenu que vers 10H00 du matin. 

02H30 

Les paras anglais prennent Ranville, au nord de Caen. 

05H00 

Adolf Hitler dort et son entourage ne juge pas utile de le réveiller. Attendant les alliés à Calais (nord), les Allemands ne croient pas à un débarquement massif en Normandie. 

05H58 

Le jour se lève, la marée est basse: le plan prévoit que les Américains débarquent de quelque 5000 navires sur les plages de la côte de Nacre rebaptisées «Utah» et «Omaha», les troupes anglaises et canadiennes vers l’est sur celles de «Gold», «Juno» et «Sword». 

06H45 

À Omaha Beach, dominée par des falaises, le débarquement tourne au cauchemar. La mer est très agitée, glaciale. Des chars, péniches et soldats lourdement harnachés coulent à pic. D’autres périssent sous les tirs allemands. Plus de 34 000 Américains sont débarqués: 2500 seront tués ou blessés. 

07H30 

53 000 soldats britanniques débarquent à Gold et Sword (un millier de morts et blessés). 

07H45 

À Utah, 23 250 hommes débarquent (200 tués et blessés). 

08H00 

À Juno, les Canadiens perdent 878 hommes sur 21400. 

09H30  

Eisenhower peut annoncer, soulagé, «le débarquement des armées alliées sur la côte nord de la France». Il avait aussi préparé un communiqué annonçant le repli des troupes en cas d’échec de l’opération. 

10H00 

Hitler est réveillé par son entourage. 

12H00 

À Londres, Winston Churchill annonce le débarquement au parlement. 

18H00 

«La bataille suprême est engagée !», déclare à Londres le général Charles de Gaulle. 

Minuit 

En une journée, 156 000 soldats alliés ont été débarqués, dont 11 000 sont tués, blessés ou disparus. Des milliers de civils ont été victimes des bombardements.