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L’effet «Stroll» se fait sentir

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Photo d'archives, AFP Lance Stroll

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Voir une écurie canadienne au sein de la F1, ça ne change pas le monde, sauf que ça rehausse l’intérêt pour le Grand Prix du Canada qui se tiendra ce week-end à Montréal.

Et François Dumontier, le promoteur de l’événement, en est d’autant plus ravi que cette même écurie, Racing Point, garantit à long terme un volant à notre jeune coureur québécois Lance Stroll.

Il faut savoir que le principal actionnaire de Racing Point, c’est nul autre que le père de Lance, Lawrence Stroll, lequel a fait fortune avec ses prospères entreprises de mode reliées aux marques Michael Kors, Tommy Hilfiger, etc.

L’effet « Stroll » sur le Grand Prix ? « Je confirme qu’il y en a déjà un, parce que Lance est un pilote de chez nous, mais aussi parce que Racing Point est en grande partie une équipe canadienne », affirme Dumontier.

Le père du pilote québécois Lance Stroll, Lawrence, est à la tête du consortium propriétaire de l’écurie Racing Point, qui fait ses débuts cette année.
Photo Martin Chevalier
Le père du pilote québécois Lance Stroll, Lawrence, est à la tête du consortium propriétaire de l’écurie Racing Point, qui fait ses débuts cette année.

Résultat : deux gradins de partisans de Lance Stroll ont été ajoutés.

« Je ne divulgue pas mes chiffres de vente, mais l’an dernier nous avions une augmentation de 28 % (ce qui donnerait près de 300 000 spectateurs pour les trois jours d’activités) et cette année s’annonce encore très bien. Les nouveaux garages sont probablement l’un des éléments, mais aussi la présence de Lance », ajoute le promoteur.

Malgré la présence de Stroll, de son écurie canadienne et la construction des nouveaux et luxueux paddocks (+ 50 millions $), le Grand Prix du Canada n’a toujours pas réussi à se dénicher un commanditaire principal.

Dumontier explique : « Un commanditaire principal ? Pas encore. Beaucoup de discussions. Maintenant qu’on a nos nouveaux garages, la commandite en titre est mon prochain objectif. »

UNE AUBAINE ?

Tenir un Grand Prix du cirque de la F1 coûte excessivement cher. À elle seule, l’acquisition des droits pour présenter un Grand Prix s’élève à une moyenne de 29 millions $ US.

Selon Dumontier, le pilote en chef du Grand Prix du Canada, nous nous en tirons à un coût nettement inférieur à cette moyenne. Et qui plus est, l’entente a été conclue en dollars canadiens, évitant ainsi les fluctuations du taux de change.

Mis à part sa quote-part de plusieurs millions de dollars que Dumontier doit lui-même verser annuellement, je rappelle que l’entente de 10 ans (jusqu’en 2029) visant le Grand Prix du Canada prévoit un versement annuel de 18 millions $, indexés à 2 % l’an.

L’entente a été signée entre la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) et Formula One World Championship (FOWC). Et les bailleurs de fonds se répartissent la facture annuelle des 18 millions $ comme suit : Agence de développement économique du Canada (30 %), Office des congrès et du tourisme de Montréal (26 %), gouvernement du Québec (25 %), Ville de Montréal (7 %), et le secteur privé autre que Dumontier (12 %).

EN BOURSE

Si la F1 vous titille le portefeuille, sachez qu’il est possible d’investir dans Liberty Media Corporation, la société américaine qui a acheté en 2017 les droits de la F1 que détenait Bernie Ecclestone.

L’action de Liberty (qui est également propriétaire de SiriusXM Group et du club de baseball des Braves) se négocie à la cote du Nasdaq (FWONK : US). Sa capitalisation boursière : 8,7 milliards $ US.

Le cirque de la F1 a rapporté à Liberty en 2018 un revenu de 1,83 milliard $ US. De ce revenu, une somme de 913 millions $ a été versée aux 10 écuries du plateau.

À sa deuxième année comme propriétaire des droits de la F1, Liberty rapporte, pour l’année 2018, une hausse d’assistance de 8 % (4,1 millions d’amateurs aux 21 Grands Prix, moyenne de 195 238 par course) et une augmentation de 10 % du nombre de téléspectateurs, à 490 millions.

ET LES TAXIS ?

Avec tous les fonds publics qui sont investis dans la tenue du Grand Prix du Canada, nous avons collectivement intérêt à ce que la course de F1 sur le circuit Gilles-Villeneuve reste l’événement touristique annuel le plus couru au Canada. Et le plus « rentable » sur le plan des retombées économiques.

En guerre contre le gouvernement Legault et sa déréglementation de l’industrie du taxi, croisons les doigts pour que les chauffeurs de taxi du Québec ne mettent pas à exécution les moyens de pression qu’ils menacent de déclencher pendant le week-end du Grand Prix.