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Le sang des enfants

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Je ne peux voir des images du débarquement du 6 juin 1944 sans penser aux 42 000 Canadiens qui sont morts pour libérer l’Europe, avec l’aide des Alliés, incluant les Soviétiques qui ont perdu entre 22 et 28 millions de soldats, et sans que les larmes ne me montent aux yeux.

C’était des enfants.

Parmi les soldats abattus comme des chiens sur les plages de Normandie, plusieurs n’avaient que 17, 18 ou 19 ans. Environ 700 000 Canadiens sur 1,1 million qui ont participé à la Seconde Guerre mondiale n’avaient pas 21 ans. Toutes ces courtes vies emportées héroïquement pour nettoyer l’humanité du poison nazi. Comment ne pas être émus et éternellement reconnaissants ?

Le plus jeune Canadien mort au combat, Gérard Doré, s’était joint aux Fusiliers Mont-Royal, le régiment de mon père, à 15 ans. Il a été tué à 16 ans.

Il a un monument à lui tout seul, en France, près du cimetière canadien, la place Gérard Doré.

Mentir pour mourir

À cette époque, plusieurs adolescents mentaient sur leur âge pour aller se battre dans un enfer duquel plusieurs ne sortiraient jamais. J’ai peine à croire qu’ils ne savaient pas ce qui les attendait, car leurs pères avaient connu l’horreur de la Première Guerre.

Et ceux qui étaient vraiment trop jeunes pour partir à la guerre travaillaient dans les champs – le gouvernement accordait des permis de conduire dès l’âge de 14 ans – ou ramassaient de la ferraille à recycler.

Le journaliste américain Tom Browkaw a baptisé la génération qui a grandi pendant la Crise et qui a remporté la Seconde Guerre mondiale, The Greatest Generation. En français, la Génération grandiose.

Comment réagiraient les jeunes Occidentaux d’aujourd’hui si une autre guerre « juste » se déclarait ? Auraient-ils le cœur au ventre nécessaire pour devenir la génération grandiose du 21e siècle ?

Espérons que nous ne connaîtrons jamais la réponse.