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Une situation pourrie à pleurer

Adonis Stevenson est au centre d’une cruelle querelle familiale depuis la terrible défaite qu’il a subie sur le ring du Centre Vidéotron, le 1er décembre dernier.
Photo d’archives, Didier Debusschère Adonis Stevenson est au centre d’une cruelle querelle familiale depuis la terrible défaite qu’il a subie sur le ring du Centre Vidéotron, le 1er décembre dernier.

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J’aimerais être un juge. Assis confortablement dans le fauteuil du tribunal, analyser les documents préparés par les comptables et les avocats, écouter les témoignages et les envolées des avocats.

Détaché de l’histoire, en professionnel, et à la fin, rendre un verdict avant de diriger un autre procès le lendemain après un bon souper avec une bouteille de vin.

Mais je suis un journaliste. Adonis Stevenson, je le connais depuis longtemps. Claudette Adonis, sa mère, je l’ai connue à Toronto la première fois qu’Adonis y a défendu son titre de champion. Je lui ai parlé à quelques reprises à Montréal ou à Québec et je sais à quel point Adonis avait été révolté par la façon de travailler de certains journalistes avec elle.

J’ai parlé mardi soir avec Mme Adonis après le souper. Assez longtemps pour ressentir sa rage et sa haine envers Simone God, la conjointe d’Adonis.

L’AMOUR DE SIMONE

Je connais aussi Simone God. Je lui ai parlé à plusieurs reprises au cours des derniers mois. Et encore hier. J’ai été témoin de son dévouement total envers son amoureux et leur fille Adonia.

J’ai reçu plein de témoignages depuis l’horreur survenue au Centre Vidéotron. Simone God a tout donné pour permettre à l’homme de sa vie de progresser après être sorti du coma.

Il a fallu réaménager la maison pour répondre aux nouveaux besoins de Stevenson. Il a fallu embaucher une nounou à temps plein puisque les sessions de travail en physiothérapie duraient des heures. Il a fallu payer les pensions alimentaires, prendre soin des autres enfants d’Adonis. Elle a embauché des physiothérapeutes, des spécialistes de la parole et du mouvement. Il lui a fallu sacrifier sa carrière personnelle de femme d’affaires à Toronto.

LA GUERRE

Depuis les premières nuits passées dans le coma par Stevenson que cette guerre entre le clan de la mère de Stevenson et Simone God couve et souvent fait rage. Des témoins ont raconté les cris et les insultes lancés dans la chambre et les salles de l’hôpital.

Au mieux, c’est une guerre entre une mère blessée qui veut retrouver son petit garçon en tassant la bru. Au pire, c’est une lutte impitoyable avec tous les moyens sales qu’on voit trop souvent, pour prendre le contrôle de la fortune amassée par Adonis Stevenson dans le ring.

Aujourd’hui au palais de justice de Saint-Jérôme, Claudette Adonis et ses autres enfants vont tenter de convaincre un juge de leur confier la gestion et le contrôle des millions d’Adonis. C’est Simone God qui a été mandatée par un juge pour être administratrice des biens et de l’état d’Adonis Stevenson 10 jours après le combat à Québec.

Un aperçu des arguments montre que toutes les attaques sont dirigées vers Simone God. Elle aurait dilapidé l’argent du coffre de Stevenson, elle aurait conduit sa Ferrari en hiver, elle aurait eu d’autres hommes dans sa vie, vous voyez le genre...

UN HOMME HEUREUX

Je ne suis pas juge, mais j’ai justement écrit il y a un an à quel point Adonis Stevenson était un homme transformé. Visiblement heureux et follement amoureux de « Sisi » God. Il n’arrêtait pas d’en parler lors des conférences de presse, il soulignait sa présence et son compte Facebook regorgeait de photos de Simone enceinte.

Ça, c’est la justice. Un juge va faire la part des choses et se prononcer selon les témoignages et les preuves présentés. Mais la vie est mille fois plus cruelle qu’un procès. Voyez-vous, les spécialistes notent que si Stevenson a retrouvé sa mémoire à long terme, sa mémoire à court terme, les deux ou trois dernières années, est encore floue. Comme dans un brouillard.

Ce sont justement ses années de bonheur. Les années d’amour qu’il partageait avec les journalistes et les médias.

Ce qui veut dire que ce matin, Adonis Stevenson est l’enjeu d’une bataille. C’est un homme diminué qui a toujours aimé sa mère et qui tente désespérément de retrouver toutes ses émotions et ses souvenirs des dernières années. Ses années d’amour et de bonheur.

Et cet homme, dont on veut contrôler les millions, va essayer de se présenter devant un juge...

Vous ne trouvez pas que c’est une situation pourrie à pleurer ?

DANS LE CALEPIN – Le vénérable Bertrand Raymond, il a un an de plus que moi, a annoncé sa retraite. Il a eu une grande carrière. C’était un féroce compétiteur. Ça veut aussi dire que j’en suis venu finalement à bout !!!

Jutras : « Un très grand honneur »

Guy Jutras, tout jeune homme de 88 ans, a pris la route de New York ce matin. Accompagné d’un de ses fils et d’un neveu. M. Jutras, que j’ai débaptisé René à ma grande honte dans Le Journal de mardi, est très fier de ce qu’il vivra pendant le week-end.

« Être intronisé au plus prestigieux Temple de la renommée de la boxe internationale est un très grand honneur. Je l’apprécie et je remercie tous ceux qui m’ont aidé », a-t-il dit avant de prendre la route.

C’est lui qui a déniché le regretté Merlon Wright pour en faire un arbitre de classe internationale.

« Et Michael Griffin est sans doute le plus beau coup de ma vie. Je les connaissais, lui et son frère. Ils avaient boxé chez les amateurs et un peu chez les professionnels. Mike avait tout ce qu’il fallait pour devenir un très grand arbitre », de raconter M. Jutras.

Mike Griffin sera dans la salle quand il va monter sur l’estrade.

Et le combat le plus excitant qu’il ait arbitré ? Dave Hilton contre Mario Cusson dans un Forum rempli à craquer.