/news/consumer
Navigation

Dépendance au jeu: de plus en plus de joueurs s’auto-excluent des casinos

L’an dernier, 5313 personnes ont demandé à ne plus avoir accès aux offres de Loto-Québec

Coup d'oeil sur cet article

Le nombre de joueurs qui choisissent de s’auto-exclure des établissements de Loto-Québec et du jeu en ligne en raison d’une dépendance atteint un nouveau sommet. Depuis 2012, les demandes ont bondi de 75 % auprès de la société d’État.

«Le nombre de clients qui se prévalent du programme d’auto-exclusion s’explique notamment par le fait que le programme est de plus en plus connu et fonctionne bien», répond le porte-parole de Loto-Québec, Renaud Dugas, ajoutant que l’inscription est irrévocable pour une période prédéterminée de «trois mois à cinq ans». 

Selon des données obtenues par la Loi sur l’accès à l’information, pour l’exercice financier 2018-2019, 5313 joueurs se sont auto-exclus des établissements de la province. Du jamais-vu. L’année précédente, ils étaient 5111, et 4436 en 2016-2017. 

Pour les amateurs de chiffres, si on remonte à 2012-2013, ils étaient 3037 à faire une demande auprès de la société d’État. 

Davantage de joueurs en ligne

Loto-Québec estime que l’augmentation du nombre de personnes inscrites au programme au cours des dernières années est principalement attribuable à la hausse du nombre de joueurs en ligne. 

«La progression des revenus du jeu en ligne depuis les dernières années, et par le fait même l’achalandage sur le site, suit une tendance similaire à celle du nombre de clients qui se sont auto-exclus du site», note la société d’État. 

Pour 2018-2019, 3507 consommateurs ont demandé à ne plus avoir accès au site Web Espacejeux.com. Il s’agit d’une hausse de 6,3 %. 

Au 31 mars 2019, il y avait un total de 6030 clients actifs inscrits au programme d’auto-exclusion. Ce dernier existe depuis 1993. 

«La majorité des clients choisissent de s’exclure de l’ensemble des casinos et des salons de jeux», précise Loto-Québec. 

Afin d’empêcher les joueurs participant au programme «de briser leur contrat», Loto-Québec souligne détenir des banques de photos des clients avec une entente. 

L’an dernier, 3700 repérages ont été réalisés dans les casinos et salons de jeux. 

Par ailleurs, certains employés ont aussi reçu des formations pour détecter les signes chez les personnes en difficulté. Annuellement, Loto-Québec enregistre dans ses établissements plus de 10 millions de visites. 

Baisse du nombre d’appareils

Le sujet de la dépendance aux jeux de hasard revient souvent dans l’actualité. Récemment, le gouvernement de François Legault a mentionné qu’il évaluait la possibilité de diminuer le nombre d’appareils de loterie vidéo dans les bars et les restaurants afin de mieux protéger les joueurs vulnérables. 

Rappelons que sous le règne des libéraux, le nombre d’appareils est passé au cours des deux dernières années de 11 063 à 9846 au Québec. 

Nombre de clients qui se sont auto-exclus en 2018-2019  

  • Casino de Montréal: 1632
  • Casino du Lac-Leamy: 1538
  • Casino de Charlevoix: 1428
  • Casino du Mont-Tremblant: 1420
  • Salon de jeux de Québec: 1450
  • Salon de jeux de Trois-Rivières: 1430
  • Site de jeux en ligne: 3507  

Note : La majorité des clients choisissent de s’exclure de l’ensemble des casinos et des salons de jeux, selon la société d’État. Ce qui signifie que la même personne peut apparaître dans la donnée pour Charlevoix ainsi que pour le Salon de jeux de Québec. 

La société d’État veut utiliser la reconnaissance faciale 

Loto-Québec veut relancer son projet pilote pour la reconnaissance faciale dans ses établissements à travers la province, a appris Le Journal

«Nous devrions être en mesure de procéder aux tests d’ici les deux prochaines années. Nous allons commencer en nous assurant que le système fonctionne bien à l’égard de l’identification des clients auto-exclus avant d’examiner s’il a d’autres capacités», répond le porte-parole, Renaud Dugas. 

En 2011, rappelons que la société d’État avait lancé un appel d’offres pour dénicher un partenaire d’affaires qui serait en mesure d’installer la reconnaissance faciale dans quatre casinos, soit à Charlevoix, à Montréal, à Lac-Leamy et à Mont-Tremblant. 

Les résultats n’avaient toutefois pas été au rendez-vous. 

La société d’État souhaitait alors s’inspirer des technologies similaires développées chez nos voisins à la Société des loteries et des jeux de l’Ontario. 

L’objectif principal de Loto-Québec était de pouvoir repérer rapidement les joueurs avec des problèmes de jeux inscrits au programme d’auto-exclusion. 

Plus évolués

«La technologie à l’époque n’étant pas à point pour notre type d’opération, nous n’étions pas allés de l’avant», explique M. Dugas. 

«La technologie n’était pas appropriée par rapport au volume de clients dans nos établissements, car il y avait trop de faux positifs», poursuit-il. 

Aujourd’hui, la société d’État estime que les systèmes de reconnaissance faciale sont plus évolués. 

De plus en plus utilisés

De plus en plus d’entreprises et d’organisations à travers le Canada utilisent des systèmes de reconnaissance faciale. 

Récemment, Ivanhoé Cambridge a lancé un projet pilote dans le centre commercial Place Sainte-Foy pour analyser le comportement des consommateurs. 

Une enquête de la Commission d’accès à l’information du Québec a été déclenchée ce printemps afin de s’assurer que la vie privée et les renseignements personnels des gens sont protégés. 

Le groupe Oxford Properties, propriétaire notamment du Quartier Dix30 et des Galeries de la Capitale, et la société immobilière Cadillac Fairview utilisent aussi cette technologie depuis plusieurs mois.