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Droit de vivre

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À 17 ans, en dépit d’un départ dans la vie traumatisant, une vie heureuse et épanouie est encore possible. Mais ça, Noa Pothoven n’y aura jamais droit ! L’adolescente originaire des Pays-Bas avait demandé l’euthanasie en raison de problèmes psychologiques provoqués par deux agressions et un viol.

Victime

La détresse de la jeune femme était parfaitement compréhensible, tout comme le fait qu’elle pouvait entretenir des idées noires. L’euthanasie lui aurait été refusée. Mais elle a choisi de se laisser mourir de faim ! Chose certaine, Noa avait désespérément besoin d’aide pour vivre. Elle ne l’a pas reçue. Loin de recevoir les soins psychologiques nécessaires, elle a plutôt été victime de non-assistance à personne en danger.

Le procès de Michel Cadotte, accusé d’avoir euthanasié son épouse atteinte d’Alzheimer, a relancé le débat sur la possibilité d’élargir l’accès à l’aide médicale à mourir. Le caractère pathétique du cas Cadotte semble rendre l’idée acceptable. Mais l’exemple de Noa qui réclame l’euthanasie doit servir d’avertissement, car assouplir la loi, c’est aussi flirter avec les pires dérives.

Droit

D’une part, si l’euthanasie est facilitée, pour quelle raison les hôpitaux investiraient-ils temps et argent pour améliorer l’accès aux soins palliatifs ou de longue durée ? Dans le contexte de notre système de santé perpétuellement en manque de ressources, quelle garantie avons-nous que l’aide à vivre ne sera pas négligée pour forcer le malade à demander l’injection létale ?

D’autre part, si réviser la loi pour inclure l’Alzheimer est acceptable, pourquoi ne pas introduire également ceux qui souffrent d’une maladie chronique ? Les handicapés ? Les trisomiques ? Les dépressifs ? Et finalement, tous ceux qui coûtent cher au système ?

On fait largement état du droit de mourir, lequel ressemble également au droit du corps médical de tuer dans la légalité. Mais qui défend le droit de vivre dans la dignité ?