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«Génocide», une erreur tactique

Michèle Audette, commissaire de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées .
Photo Agence QMI, Antonella Artuso Michèle Audette, commissaire de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées .

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Je suis de cœur et d’esprit avec les Premières Nations pour qu’elles retrouvent leur fierté, leur liberté, leur dignité et tout ce qui leur appartient en propre. Ce jour viendra-t-il un jour ?

J’ai lu la version abrégée du rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. J’ai pensé au monstre Robert Pickton qui torturait et tuait des prostituées du Downtown Eastside de Vancouver sur sa ferme porcine de Colombie-Britannique. Il a avoué 49 meurtres. Plusieurs de ses victimes étaient des femmes autochtones.

Une commission d’enquête de 2012 sur l’affaire Pickton avait conclu que les policiers avaient commis des erreurs flagrantes et que le biais sociétal et policier contre les travailleuses du sexe et les femmes autochtones avait mené à cette tragédie aux proportions épiques.

Pickton a été condamné à 25 ans ferme, mais des femmes autochtones ont continué à disparaître.

Avec sérieux

Personne ne niera l’absolue gravité de ces meurtres et disparitions, mais le rapport offre peu de solutions concrètes, préférant s’attaquer aux problèmes historiques qui minent les Premières Nations, première cause de ce scandale.

Tout est à réinventer, mais d’ici là, que fait-on pour que les femmes autochtones bénéficient de la même protection que n’importe qui d’autre au Canada ?

En commençant par la sécurité sur les réserves. J’ai interviewé la commissaire Michèle Audette avant le début des travaux. Elle m’avait parlé du machisme des chefs, de la violence et des abus de toutes sortes qui mettent femmes et filles en danger, même chez elles. Or, le rapport n’en parle pas.

Je doute que les problèmes sur les réserves se soient réglés tout seuls.

Oublions aussi la controverse entourant le mot « génocide » et le « 2 ELGBTQQIA », des erreurs tactiques qui détournent l’attention, ce rapport est important.

Pour les proches, ne pas en tenir compte assassinerait les victimes une deuxième fois.