/lifestyle/columnists
Navigation

Croire en l’environnement

Coup d'oeil sur cet article

C’est toujours difficile d’écrire sur le sujet de l’environnement.Tu deviens automatiquement le hippie de service et les gens arrêtent de lire rapidement. On s’attend à se faire faire la morale, ou la bonne humeur du matin disparait vite, car les nouvelles sont rarement bonnes.

Comme plusieurs d’entre vous, j’essaye de faire ma part. J’examine constamment les habitudes que je peux changer.

J’accepte la frustration d’essayer d’en faire plus pour compenser pour ceux qui n’ont pas encore allumé. Lorsque je vois que je me bute contre un cas perdu, quelqu’un qui refuse d’y croire ou de participer à la solution, j’abandonne et avoue défaite.

Je suis tanné de m’obstiner contre l’imbécilité. C’est triste, car ça devient une victoire pour eux.

Une situation grave

Malgré le fait que la situation est grave, malgré le fait que nos dirigeants sont lents à réagir, une chose me réjouit : on commence à réaliser qu’encore une fois, c’est nous qui allons collectivement faire une différence.

Chaque jour, je tombe sur un groupe de gens quelque part sur la planète qui s’attaque au problème, qui pose des gestes concrets qui, on espère, vont encourager les autres à vouloir en faire plus.

Est-ce que c’est trop peu dans la balance de ce désastre dont on sous-estime la gravité ?

Probablement.

Mais, à travers cette guerre quotidienne face aux grands pollueurs, c’est la seule chose à laquelle je peux m’accrocher.

La question que je pose souvent est la suivante : qu’est-ce que ceux qui sont responsables des problèmes environnementaux disent à leurs enfants ? Sont-ils complètement dans le déni ou réinventent-ils leurs mensonges chaque fois ?

C’est enrageant de voir qu’encore une fois, 90 % de la population paie pour l’enrichissement d’une faible majorité indifférente, mais je sens un éveil collectif.

Dans un monde qui baigne dans une faim de pouvoir, j’adore cette collectivité qui semble naître.

Je trouve beau cet éveil. « Vous ne voulez rien faire pour aider la situation ? Parfait, on s’en occupe », semblent dire ceux qui sentent cet appel.

J’espère que cette vieille garde au pouvoir profite de chaque instant, car son temps est compté. L’impatience d’une majorité grandissante est palpable. Rien de pire qu’un peuple qui grogne.

Je vous confesse que c’est la deuxième version de cette même chronique. Je trouvais la première lourde et ça me fait réaliser que manifester ma peur du « trop tard » c’est comme donner la victoire à ceux qui ont déjà baissé les bras.

Réaliste ou naïf

Je me demande si mon point de vue est réaliste. Peut-être qu’il est naïf de ma part, mais encore une fois, quelle est l’autre option ?

Ça me soulage aussi de voir la nouvelle génération prendre l’environnement à cœur.

En même temps, je me sens coupable d’imposer ce problème à nos enfants. Me semble que c’est notre plus grande responsabilité que de rendre le monde une meilleure société pour eux. Mais bon, clairement, on a encore ben des devoirs à faire.

La chose que j’appréhende le plus, c’est d’un jour faire face à cette tristesse dans leurs yeux. « Pourquoi vous n’avez rien fait avant qu’il soit trop tard ? » demanderont-ils.

C’est de loin ma pire crainte, que de répondre à leur regard de peur qu’avec notre regard défaitiste où la seule réponse pathétique que l’on va pouvoir leur donner est un simple : désolé !

D’ici là, est-ce que l’on peut au moins les aider à ne pas trop empirer la situation ?