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Un roman qui fait froid dans le dos

C. J. Tudor
Photo courtoisie, Mariel Kolmschot

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Avec ce second roman, l’écrivaine britannique C.J. Tudor s’est amusée à nous donner la chair de poule. Découvrez comment.

On l’a découverte l’an dernier avec L’homme craie, un thriller qui nous a scotché à notre siège jusqu’à la toute dernière page. Et voilà qu’à peine 12 mois plus tard, C.J. Tudor remet ça avec La disparition d’Annie Thorne, un autre excellent thriller qui flirte cette fois-ci un peu plus avec l’horreur et le surnaturel. « J’avais envie d’explorer de plus noirs territoires, car je suis une grande fan d’histoires d’épouvante, explique l’auteure, qu’on a pu joindre chez elle dans le Sussex. Ça a d’ailleurs été mon plus grand défi : trouver le juste équilibre de façon à ce que les gens qui aiment l’horreur soient comblés et que ceux qui préfèrent les intrigues policières le soient aussi. Je crois avoir réussi ! »

Un retour étrange

Tout comme C.J. Tudor, Joe Thorne, le héros et narrateur de La disparition d’Annie Thorne, a passé une grande partie de sa vie dans un petit village industriel du Nottinghamshire. Et même s’il s’était juré de ne plus jamais y remettre les pieds, c’est pourtant là qu’on le retrouvera dès les premières pages du livre.

Vingt-cinq ans après avoir quitté Arnhill, il tiendra de fait absolument à revenir au pays pour occuper le poste de professeur d’anglais qui s’est libéré dans l’école secondaire où il a lui-même étudié. La raison ? Un courriel anonyme lui permettant de penser qu’il pourrait enfin apprendre ce qui est réellement arrivé à sa sœur adorée.

En 1992, alors qu’elle n’avait que huit ans, Annie a en effet disparu pendant deux jours avant d’être retrouvée en train d’errer sur le site d’une ancienne mine de houille des environs. Une bonne nouvelle qui s’est rapidement muée en véritable cauchemar, Joe et sa famille n’ayant pas tardé à remarquer qu’Annie n’était plus tout à fait pareille depuis son retour...

« Dès le départ, je savais que lorsqu’elle reviendrait, Annie ne serait pas la même, précise C.J. Tudor. L’idée qu’un enfant – surtout une petite fille ! – n’est plus vraiment votre enfant fait peur. En tout cas, moi, ça me fait peur ! Mais il fallait que je trouve comment il serait possible d’en arriver là. Annie aurait bien sûr pu être remplacée par quelqu’un d’autre durant ces 48 heures de disparition, sauf que je n’étais pas certaine que ça puisse fonctionner, que ce soit crédible très longtemps­­­. »

C’est donc comme ça que l’histoire finira peu à peu par basculer dans l’horreur, C.J. Tudor ayant de tout temps été une fervente admiratrice de Stephen King. « Je pense que ma fille de six ans va aussi aimer comme sa maman les histoires d’horreur, ajoute-t‐elle en riant. J’ai l’habitude de laisser traîner mes textes dans la maison, mais maintenant qu’elle est capable de lire, il va falloir que je fasse plus attention ! »

Un excellent décor

Pour en revenir à Joe, on ne peut pas dire qu’il sera particulièrement bien accueilli par les gens de son village natal. D’abord parce qu’il louera la maison dans laquelle l’ex-professeure d’anglais de l’Arnhill Academy a tué son fils avant de se suicider (seul un barjo peut tenir à vivre là-dedans pas vrai ?), ensuite parce que la vieille bande d’amis qu’il fréquentait avant la disparition d’Annie a depuis longtemps coupé les ponts avec lui.

« Je me suis toujours intéressée aux expé­riences vécues durant l’enfance et l’adolescence, à l’impact qu’elles peuvent avoir plus tard sur la façon dont on se comportera à l’âge adulte, poursuit C.J. Tudor. C’est une période sur laquelle j’aime beaucoup écrire, car j’ai l’impression qu’à ce moment-­là de notre vie, on ressent les choses beaucoup plus intensément. Je me rappelle par exemple que j’avais l’habitude de marcher non loin des mines de mon village. À l’époque, le gouvernement était contre les syndicats et plusieurs d’entre elles avaient été fermées et condamnées. Avec tous les tunnels qu’il y avait sous la terre, c’était un endroit assez glauque... et un excellent décor pour un livre ! »

La disparition d’Annie Thorne, C. J. Tudor, aux Éditions Flammarion, Québec, 400 pages
Photo courtoisie
La disparition d’Annie Thorne, C. J. Tudor, aux Éditions Flammarion, Québec, 400 pages