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Un test de caractère

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark Simon Jolin Barrette

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Avec la fin de la session parlementaire, la pression monte sur le gouvernement de la CAQ. De toutes les façons possibles, ceux qui ne veulent pas voir ses réformes adoptées essaieront de casser ce gouvernement peu expérimenté. François Legault a juré qu’il ferait adopter deux projets de loi majeurs, sur l’immigration et sur la laïcité. Un recul serait un énorme signe de faiblesse.

Les fins de session sont des tests de caractère. Cette semaine, on a accusé la CAQ d’arrogance lorsqu’elle montrait de la fermeté. On l’a blâmée d’avoir trop donné de dossiers au même ministre, d’avoir mal organisé les travaux parlementaires, même d’avoir choisi la mauvaise salle pour tenir une commission parlementaire.

Tout cela est normal. Faire adopter des projets de loi d’envergure, qui changent les règles dans toute une société, constitue une grosse responsabilité. Cela ne peut pas se faire et ne doit pas se faire sans qu’on teste votre sérieux et votre détermination. C’est le rôle de l’opposition et des médias.

Fin de session

D’ailleurs, on a souvent vu dans le passé des projets de loi devenir objet d’incertitude en fin de session. On décidait de partir en vacances sans les adopter. Puis oups ! À la rentrée parlementaire suivante, on les avait carrément mis aux oubliettes, puis on les laissait mourir au feuilleton.

Si la CAQ faisait cela avec les projets de loi sur l’immigration et la laïcité, les conséquences seraient lourdes. Que dirait-on dans l’avenir de la colonne vertébrale de ce gouvernement lors du dépôt de projets difficiles s’il reculait sur la mise en œuvre d’éléments fondamentaux qui l’ont fait élire ? Et qui de surcroît sont encore soutenus par une solide majorité.

Dois-je rappeler depuis combien d’années on parle de laïcité ? Dois-je rappeler le nombre de consultations perdues et de tentatives ratées dans ce dossier ? Un jour, le fruit est mûr, il faut savoir le cueillir. Dans le cas de l’immigration, la CAQ nous a tellement parlé de l’urgence de revoir les critères du système. La CAQ ne peut pas ravaler tous ses propos et nous laisser dans un vide juridique malsain.

Au travail !

Je me permets d’ajouter que le nouveau calendrier parlementaire prévoit que les travaux se terminent tôt au printemps. Techniquement, tout doit se conclure dans la semaine qui vient. J’ai connu une époque où la session du printemps se finissait en siégeant de nuit à la veille du congé de la fête nationale.

Si les projets ne sont pas adoptés vendredi, la moindre des choses pour les troupes de François Legault serait de siéger une semaine de plus. Siéger jusqu’au 21 juin constitue une option pas mal plus honorable que de rentrer à la maison bredouille et affaibli en ayant renoncé à l’un de ses projets-clés.

Jamais un gouvernement ne réalisera 100 % de ses engagements. C’est impossible à travers tous les imprévus de la vie politique et économique. Mais il y a des moments charnières où la détermination est mise à l’épreuve. C’est ce genre de semaine pour la CAQ.