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Vincent Chiara se renforce pour faire échec à Air Canada

Le Groupe Mach embauche un avocat spécialiste des fusions et acquisitions

Alfred Buggé, premier vice-président aux fusions et acquisitions du Groupe Mach, dans les bureaux de l’entreprise, à Montréal.
Photo Joel Lemay Alfred Buggé, premier vice-président aux fusions et acquisitions du Groupe Mach, dans les bureaux de l’entreprise, à Montréal.

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Plusieurs jugent que l’offre de 528 M$ du Groupe Mach pour Transat ne fait pas le poids comparée à celle d’Air Canada. Dans le but de rehausser sa crédibilité, l’entreprise du magnat immobilier Vincent Chiara vient de recruter un avocat spécialisé en fusions et acquisitions.

« Le fait que je fais ce genre de move-là, je pense qu’il faut prendre ça au sérieux », affirme Alfred Buggé, qui occupe depuis deux semaines le poste de premier vice-président aux fusions et acquisitions chez Mach.

Admis au Barreau en 1998, Me Buggé a travaillé pour l’Autorité des marchés financiers et pour la Securities and Exchange Commission, à Washington.

Il s’est ensuite joint au cabinet d’avocats Blakes, puis à BLG. Il a travaillé sur des dizaines de transactions pour le compte d’entreprises, comme le fabricant de remorques Manac de la famille Dutil, les montréalaises Buffalo Jeans et Nurun, ainsi que le géant français Areva.

Idée née en décembre

C’est en discutant avec des conseillers financiers et des banquiers d’affaires, en décembre, qu’Alfred Buggé a eu l’idée de déposer une offre d’achat pour Transat.

« On voyait quelque chose d’intéressant, et moi, connaissant le genre d’occasions d’affaires que Mach vise, j’en ai parlé à Vincent Chiara pour voir ce qu’il en pensait. Ç’a commencé comme ça. »

M. Chiara a aimé le projet, si bien que dès le début janvier, Mach est entré en contact avec Transat. De nombreux échanges ont eu lieu jusqu’à ce que le voyagiste cause la surprise en annonçant, le 30 avril, des pourparlers avec plusieurs groupes.

Deux semaines plus tard, Transat s’entendait avec Air Canada pour négocier de façon exclusive sur la base d’une entente préliminaire à 13 $ par action.

« On était déçus, admet M. Buggé. C’était un peu dommage parce qu’on était assez avancés dans nos discussions. »

François Legault s’est vite rangé derrière l’offre d’Air Canada, allant jusqu’à dire, tout comme le géant des airs, qu’il s’agissait d’une « solution québécoise ».

Pas trop tard

« Tout le monde est arrivé à la conclusion erronée que c’est un fait accompli que Transat sera vendue à Air Canada, déplore Alfred Buggé. On est encore loin de ça. »

L’avocat note que ni Transat ni Air Canada n’auraient à payer des millions de dollars en frais de résiliation si l’entente tombait à l’eau, puisqu’aucun accord définitif n’a encore été conclu.

« Mach, ce n’est pas du tout de l’investissement privé à l’américaine, c’est vraiment du capital patient », martèle-t-il

Si jamais Mach devait échouer pour Transat, M. Buggé assure qu’il trouvera de quoi s’occuper chez son nouvel employeur. « Mach a des investissements dans plusieurs industries et aussi à l’international », note-t-il.