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Embauche de nouveaux arrivants: les leaders du milieu des affaires doivent donner l’exemple

Embauche de nouveaux arrivants: les leaders du milieu des affaires doivent donner l’exemple
Photo d'archives, Agence QMI

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MONTRÉAL | Les employeurs doivent jouer un rôle plus actif dans l’embauche de nouveaux arrivants, d’après l’administration Plante, qui invite 200 chefs de file du milieu des affaires à donner l’exemple. 

«Le taux de chômage est nettement plus élevé chez les nouveaux arrivants (11,9 %) vivant à Montréal depuis les cinq dernières années que chez les personnes nées au Québec (5,3 %), et ce, malgré un marché de l’emploi en plein essor», a signalé la mairesse Valérie Plante. 

«Il y a des gens qui nous disent encore que parfois le fait d’avoir un nom qui sonne étranger va les pénaliser et il semble qu’ils ne vont pas se rendre jusqu’à l’entrevue. Il faut se le dire: ce n’est pas systématique, mais c’est possible», a-t-elle relaté. La reconnaissance des diplômes étrangers peut aussi être problématique. 

Dans le cadre de la nouvelle stratégie «Montréal inclusive au travail», dotée d’un budget de 1,6 million $, une campagne de sensibilisation sera lancée à l’automne. La Ville souhaite aussi que 200 leaders du milieu des affaires s’engagent à embaucher plus de nouveaux arrivants. Le partage de bonnes pratiques en recrutement est également encouragé. 

«On veut développer une culture organisationnelle à l’échelle de Montréal, et pourquoi pas à l’échelle du Québec, qui est inclusive», a résumé Mme Plante. «Oui bien sûr la Ville de Montréal va donner l’exemple», a-t-elle assuré, mentionnant que l’administration travaille avec les syndicats pour une plus grande diversité dans les corps d’emploi. 

Outiller les ressources humaines 

Selon Victor Piché, professeur honoraire au département de démographie de l’Université de Montréal, la stratégie «s’attaque au vrai problème», soit les pratiques d’embauche. «On arrête de se concentrer sur l’immigrant qui doit se rendre employable» uniquement. «Vous ne les engagez pas. Engagez-les!» lance celui qui faisait partie d’un comité d’experts ayant conseillé la Ville. 

Il faut aider les ressources humaines des PME à évaluer adéquatement les CV des nouveaux arrivants, conseille Michel Leblanc, président-directeur général de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. 

Par le passé, «les entreprises qui étaient confortables dans leurs traditions d’embauche de Québécois de souche ne sentaient pas d’urgence de changer leurs façons de faire», mais «le contexte a changé» et «les entreprises sont en pénurie» de main-d’oeuvre, ce qui favorisera l’embauche d’immigrants, à son avis.