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La ministre déléguée à l’Éducation contredite sur l’aide aux devoirs

La ministre déléguée à l’Éducation contredite sur l’aide aux devoirs
Photo Simon Clark

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Deux chercheuses rappellent que l’aide aux devoirs n’est pas une activité parascolaire, comme le prétend la ministre de l’Éducation Isabelle Charest dans son plan d'en ajouter dans toutes les écoles secondaires.

«L’aide aux devoirs devrait [déjà] faire partie de l’offre de l’école sans que ce soit dans le parascolaire», dit Anne-Sophie Denault, professeure en éducation à l’Université Laval.

«Est-ce qu’on vient chercher un intérêt, une passion en aidant les adolescents à faire leurs devoirs?» se demande-t-elle.

«Si un élève ne réussit pas très bien, il y a de bonnes chances que ce ne soit pas le côté académique qui l’attire à l’école», abonde Véronique Dupéré, professeure à l’Université de Montréal. Les deux chercheuses publient aujourd’hui un guide adressé aux directions d’école et aux animateurs afin d’illustrer les critères qui permettent au parascolaire d’avoir un réel impact dans la lutte au décrochage.

À l’exception de l’aide aux devoirs, les éléments avancés par la ministre Charest semblent correspondre aux bonnes pratiques qu’elles observent.

Pas de sélection

Par exemple, les animateurs doivent être compétents et bien payés pour offrir des activités de qualité. C’est pourquoi elles voient d’un bon œil l’idée de recourir à des organismes qui ont déjà des années d’expérience dans leur domaine.

Aussi, il est important que les activités soient «inclusives». C’est-à-dire que les élèves ne soient sélectionnés ni sur la base de leurs notes ni sur leurs aptitudes en sports ou en arts, par exemple.

Mais pour s’assurer que tous ces projets aillent chercher les jeunes qui sont peu intéressés par l’école ou qui viennent d’un milieu défavorisé, offrir ces activités ne suffit pas, rappellent-elles.

«Si on met juste une affiche [qui annonce l’activité] sur un mur, seulement les ultra motivés vont s’inscrire. Les autres ne se sentiront pas à l’aise de venir», dit Véronique Dupéré.