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Mélodie Spear: cœur de rockeuse

Gagnante de Ma première Place des Arts, Mélodie préfère la distorsion

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Interprète de la chanson Coeur malade, qu’on peut entendre à la radio, l’artiste de Québec Mélodie Spear a véritablement un cœur de rockeuse. 

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Non, tous les jeunes artistes ne rêvent pas de faire du hip-hop. Récente lauréate du volet auteurs-compositeurs-interprètes du concours Ma première Place des Arts, Mélodie Spear carbure à la distorsion et a du feu dans les yeux à la simple mention du mot « grunge ».

« J’aime ça quand c’est “garroché”. À la Sonic Youth », lance la volubile artiste de Québec, âgée de 21 ans, que Le Journal a rencontrée dans son local de pratique du Pantoum, dans la Basse-Ville.

Cœur de rockeuse ? « You bet. » Pendant que le photographe lui tirait le portrait, cette fille de musiciens (papa Randall joue du folk, sa mère Dominique a fait le Conservatoire) s’amusait à jouer les accords de Smells Like Teen Spirit tout en partageant son plaisir d’écouter de vieux albums de Mudhoney.

« Beaucoup de gens veulent faire du rap, mais ça ne m’a jamais attirée. C’est comme si j’avais 40 ans. J’ai écrit très tôt mes premières tounes sur un piano et déjà je cherchais la distorsion. »

Une place pour « les bizarres »

Son penchant pour le rock était indéniable lors de sa prestation gagnante, le 30 avril, à Montréal. Avec son abondante chevelure rousse, son impétuosité et sa guitare bien en évidence, Mélodie Spear déplace de l’air sur une scène.

Son sens du spectacle, qui n’obéit à aucune règle établie, suit le chemin tracé par des Klô Pelgag, Philippe Brach et Hubert Lenoir.

« Il y a de la place pour la folie, pour les gens bizarres. Ce n’était pas le cas avant », constate-t-elle.

Vivre sa toune

Sa victoire n’est pas passée inaperçue. Plusieurs maisons de disques, dit-elle, lui ont fait de l’œil dans la foulée. Apôtre du DIY (do it yourself), Mélodie Spear n’entend pas sauter sur la première offre venue. « Il faut bien réfléchir. Ce n’est pas parce que la possibilité est là qu’il faut la saisir. »

Qu’elle signe ou pas avec une maison de disques, il est déjà prévu qu’un mini-album voie le jour à l’automne. Depuis quelques semaines, un premier extrait, Cœur malade, joue à la radio.

« C’est une chanson que j’ai écrite, il y a plusieurs années, et que j’ai complètement réécrite depuis. C’est une mise en garde pour les gens qui s’aiment mal. Mais là, je suis en train de la vivre parce que j’ai laissé mon chum hier », racontait candidement la jeune femme au moment de l’entrevue.

En plus de gérer sa chanson, une liste de plus en plus intéressante de concerts se profile, dont un à la Maison du Québec de Saint-Malo, en France. On la verra aussi au festival Folk Expression de Québec, à la place FAO, le 14 juin, et le lendemain aux Francos de Montréal.