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Parascolaire: il faudra cibler les jeunes en difficulté

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Pour que l’ajout d’une heure d’activités parascolaires par jour ait un impact sur la réussite scolaire, les écoles devront cibler les jeunes en difficulté, affirment des experts.

«Il faudra que les écoles soient très actives pour que des jeunes qui en ont particulièrement besoin, donc les jeunes en difficulté, y participent. Parce qu’habituellement, ils ne sont pas portés à aller dans des activités de ce genre», souligne Pierre Potvin, professeur associé en psychoéducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Le gouvernement Legault a confirmé lundi que le quart des élèves du Québec bénéficieront dès l’an prochain d’une heure quotidienne d’activité parascolaire gratuite, mais non obligatoire. La mesure touchera tous les élèves en 2021-2022 et coûtera alors 124 M$ annuellement. «Les études sont nombreuses pour appuyer la valeur des activités parascolaires dans la réussite des enfants», a souligné la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, lors de l’annonce de la mesure à l’école secondaire de La Courvilloise.  

Tout comme Pierre Potvin, la professeure à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, Véronique Dupéré, voit d’un bon œil cet ajout d’activités sportives, culturelles ou autres. «Puisque ce n’est pas obligatoire, le risque est que les jeunes qui vont aller en profiter soient ceux qui participent déjà», souligne-t-elle toutefois.

Hausser la participation

De son côté, même s’il s’était montré critique face à la mesure au printemps dernier, le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec donne la chance au coureur. «Déjà, environ un élève sur quatre participe à des activités parascolaires», rappelle Alain Fortier.

Pour être un succès, la mesure devra faire grimper le taux de participation, souligne M. Fortier. «Il faudra vérifier dans un an s’il y en a plus, dit Alain Fortier. S’il n’y en a pas eu beaucoup plus, c’est peut-être beaucoup de sommes investies pour ne pas atteindre l’objectif.»

Le casse-tête des autobus

Par ailleurs, la ministre Charest reconnaît que le transport scolaire qui sera «offert gratuitement» pour les élèves qui participeront aux activités parascolaires représentera un défi logistique. «Ça va être aux commissions scolaires à le déployer», dit-elle.

Chose certaine, l’ensemble des autobus ne reviendront pas chercher les élèves une heure après la fin des cours pour les ramener à la maison. En conférence de presse, Mme Charest a plutôt évoqué l’idée de «points de chute», un peu à l’image du covoiturage, où les parents pourront venir chercher leurs enfants.