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Tuer les vieux pour la planète

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J’ai interviewé Véronique Hivon en 2014, au sujet de la Loi concernant les soins de fin de vie. Je voulais savoir ce que ferait le gouvernement pour éviter de s’engager sur une pente savonneuse, comme les Belges et les Néerlandais qui accordent facilement l’euthanasie (et qui n’ont pas peur des mots).

Un alcoolique ou un dépressif peut obtenir l’euthanasie aux Pays-Bas, où l’on tient compte de la souffrance et non de la fin de vie, pour accorder l’aide à mourir. Les Belges, eux, avouent avoir perdu le contrôle sur l’application de la loi.

Protection

La clause « fin de vie » allait nous protéger de toutes les dérives, m’assurait madame Hivon, tout en avouant qu’un comité scientifique travaillait déjà sur l’aide à mourir anticipée dans les cas d’Alzheimer.

Nous y voici : indécrottables progressistes, deux tiers des Québécois le veulent.

L’esprit de la loi est pourtant clair : « Assurer aux personnes en fin de vie des soins respectueux de leur dignité et de reconnaître leur droit au respect de leurs volontés exprimées clairement et librement. »

Il faudrait donc reprendre le processus pour légaliser ces nouveaux « préarrangements ». Ce n’est pas une clause qu’on ajoute sur un coin de table.

À Second Regard, un médecin néerlandais qui pratique des euthanasies avouait trouver cette pratique « insupportable » : « Pardonnez l’expression, mais vous devez tuer quelqu’un qui ne comprend plus ce qui lui arrive. » Qui ne se souvient pas d’avoir signé un papier naguère jadis, qui n’est pas nécessairement souffrant ou malheureux ?

Mais quelqu’un devra décider du moment où il sera approprié de tuer cette personne. À partir de quels critères ? La science ne sait pas tout sur la maladie d’Alzheimer. L’économie, oui.

Globalement, j’ai toujours pensé, et écrit, que l’aide médicale à mourir ouvrirait la porte à des dérives tant et aussi longtemps que tous n’auraient pas accès aux soins palliatifs.

Entre poireauter la couche pleine dans un CHSLD et recevoir un médicament qui met fin aux indignités quotidiennes que vivent les gens dépendants, sans compter la souffrance qui n’est pas toujours bien gérée par la médecine qui craint de créer des toxicomanes (!), en plus de libérer les proches d’un fardeau, que choisiriez-vous ?

Présenté ainsi, ce n’est plus un choix. Vite, la piqûre !

Les vieux

Et voilà que les fanatiques de l’environnement viennent y mettre leur grain de sel. Une députée « verte » néerlandaise, Corrine Ellemeet, 43 ans, a récemment proposé de réduire les soins de santé pour les personnes âgées, pour venir en aide à la planète et pour économiser en même temps. Un gériatre prendrait la décision de traiter, ou pas, les malades de 70 ans et plus.

C’est ce qu’on appelle la décroissance médicale, la nouvelle marotte des écologistes radicaux opposés à ce qu’ils appellent « la médecine capitaliste de performance » et qui placent les besoins de la Terre avant ceux de l’Humanité.

Ce sont les mêmes qui croient qu’on ne doit plus faire d’enfants pour sauver la planète.

Pensez-y, une belle Terre vide d’humains, mais libérée de tout conflit moral et éthique face à la mort, quel progrès !